Bujumbura frappée par une vague fulgurante de malaria
SOS Médias Burundi
Bujumbura, 19 novembre 2025 – À Bujumbura, la capitale économique du Burundi où sont concentrées les agences des Nations-Unies et l’administration centrale, une recrudescence fulgurante de la malaria inquiète les habitants. Dans le quartier de Buterere, au nord de la ville, plusieurs ménages affirment être touchés depuis quelques jours.
Annette H., rencontrée à l’Hôpital Militaire de Kamenge (HMK), témoigne :
« La semaine dernière, j’ai quitté mon lieu de travail avec une forte sensation de froid. Le lendemain, il m’était impossible de marcher. Les médicaments prescrits n’ont pas suffi. Je suis maintenant sous injectables. »
Spes Kankindi indique elle aussi qu’elle avait cru à une simple grippe avant de découvrir qu’il s’agissait de la malaria. Elle relie la multiplication des cas à la pénurie d’eau persistante dans certaines régions de la capitale :
« Quand il n’y a pas d’eau potable, les citadins stockent l’eau dans des seaux non couverts. Ce sont des nids à moustiques. Avec les pluies, les eaux stagnantes sont partout. »
Félix, lui aussi rencontré au HMK, affirme avoir passé deux semaines en hospitalisation :
« J’ai commencé à Kibumbu, dans le centre du pays. On m’a transféré à Bujumbura. Le plus dur, c’est la rupture des médicaments. »
Dans les hôpitaux de la capitale, les témoignages convergent.
À l’Hôpital Prince Régent Charles, une infirmière affirme :
« Depuis le début de la saison des pluies, les cas ont explosé. Nos stocks de quinine et d’autres antipaludiques sont presque vides. Certains patients attendent des heures avant d’être pris en charge. »

Des agents de santé en train de pulvériser l’intérieur et l’extérieur des ménages à Buterere, au nord de Bujumbura, une zone fortement menacée par le paludisme et le choléra. © SOS Médias Burundi
À la Clinique Prince Louis Rwagasore, un médecin précise :
« Nous voyons des formes sévères chez des enfants et des adultes. Pour ceux chez qui le Palumil ou le Fansidar ne fonctionnent plus, la quinine en comprimés devient introuvable. »
À l’Hôpital Roi Khaled de Kamenge, la saturation est également visible :
« Le nombre de malades a doublé. Nous manquons de lits. Certains patients restent sur des bancs ou dans les couloirs. Les ruptures de médicaments compliquent tout. »
Selon des sources sanitaires, la mairie de Bujumbura fait face à une rupture critique de quinine en comprimés, seul traitement efficace pour certains patients. Le manque de places dans les hôpitaux publics devient un défi majeur.
Cette situation survient alors que le ministère de la Santé publique mène une campagne de distribution de masse de moustiquaires imprégnées d’insecticide, couplée à une pulvérisation intra-domiciliaire.
Le ministère n’a pas pu fournir à SOS Médias Burundi des statistiques actualisées sur l’ampleur de recrudescence.
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Photo : Des patients dans une salle de l’hôpital militaire de Kamenge, à Bujumbura, l’un des établissements qui reçoivent de plus en plus de cas de malaria. © SOS Médias Burundi
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