Bujumbura : treize ans après l’incendie, la réhabilitation de l’ex-marché central toujours au point mort

Bujumbura : treize ans après l’incendie, la réhabilitation de l’ex-marché central toujours au point mort

SOS Médias Burundi

Bujumbura, 28 janvier 2026 –
Treize ans après l’incendie dévastateur du marché central de Bujumbura, la réhabilitation de ce site stratégique de la capitale économique du Burundi demeure une promesse non tenue. Malgré les multiples annonces et engagements officiels, aucune entreprise n’a, à ce jour, réussi à reconstruire ce grand marché emblématique, jadis poumon du commerce urbain.

La plus récente initiative impliquait la société Ubaka Nation Group, chargée de la construction d’un nouveau complexe baptisé Buja City Plaza. Les travaux préparatoires avaient été officiellement lancés en septembre 2024, suscitant l’espoir d’une relance imminente. Toutefois, selon les informations recueillies, l’entreprise affirme n’avoir effectué que des travaux de nettoyage et de balayage, pour un coût estimé à deux milliards de francs burundais (BIF), sans qu’aucune reconstruction effective ne soit visible sur le site.

Autour de l’ancien marché, des constructions privées ont progressivement émergé, modifiant profondément l’environnement urbain et alimentant les critiques sur une occupation anarchique d’un espace public stratégique, longtemps laissé sans vision claire ni calendrier crédible de réhabilitation.

Pour de nombreux commerçants sinistrés et habitants de Bujumbura, cet état des lieux illustre à la fois l’ampleur du retard accumulé et une défaillance persistante dans la gestion d’un patrimoine public majeur, au détriment de l’économie urbaine et de milliers de familles affectées par la perte de leurs moyens de subsistance.

Face à cette situation, l’Observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques (OLUCOME) a exprimé sa vive indignation. Lors d’une conférence de presse tenue ce mardi, son chargé de la communication, Alexis Nimubona, a dénoncé l’inaction prolongée de l’État, estimant qu’elle continue de pénaliser l’économie urbaine ainsi que les milliers de commerçants sinistrés, privés depuis plus d’une décennie de leur principal outil de travail.

L’OLUCOME a toutefois salué la récente annonce du gouvernement selon laquelle le projet de reconstruction de l’ex-marché central devrait reprendre, avec un investissement d’impulsion annoncé à hauteur de 60 %, tout en appelant à davantage de clarté sur les modalités concrètes de mise en œuvre.

Des bus desservant le nord de la capitale économique, Bujumbura, stationnés sur le parking principal de l’ancien marché central.© SOS Médias Burundi

Au-delà de la reconstruction, l’organisation de la société civile appelle le gouvernement burundais à adopter des mesures urgentes de prévention, notamment l’assurance systématique des marchés, la sensibilisation des commerçants à l’adhésion aux sociétés d’assurances, ainsi que le renforcement des capacités des services de secours, à travers la mise à disposition de véhicules anti-incendie suffisants et toujours opérationnels.

L’OLUCOME plaide également pour la mise en place d’une commission technique indépendante, chargée d’étudier les mécanismes de lutte contre les incendies en général, et ceux touchant les marchés en particulier, afin d’éviter la répétition de catastrophes similaires.

Pour rappel, l’incendie du marché central de Bujumbura avait causé la perte des biens de près de 5 000 commerçants, plongeant des milliers de familles dans une précarité durable. Treize ans plus tard, l’attente demeure forte, tant pour la reconstruction effective de ce site emblématique que pour la mise en place de garanties durables de prévention, de transparence et de responsabilité publique.

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Photo : le marché central de Bujumbura consumé par les flammes. Crédit photo : le Groupe de presse Iwacu

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