Nyarugusu et Nduta (Tanzanie) : des familles burundaises laissées sans toit
SOS Médias Burundi
Nyarugusu/Nduta, Tanzanie, 12 février 2026 – La démolition des abris des réfugiés burundais s’intensifie dans les camps du nord-ouest de la Tanzanie, laissant plusieurs familles sans logement et exposées à des conditions de vie dramatiques. Les réfugiés dénoncent une pratique qui met en danger leur vie, leur sécurité et leur santé.
À Nyarugusu, une famille de 13 personnes a vu sa maison, située en zone 8, village 4, numéro 2.5, rasée à l’aube ce mercredi.
« Ils n’ont même pas attendu que nous nous réveillions », témoigne le chef de famille, encore sous le choc. Autour de lui, les voisins vivent dans la peur d’être les prochains.
Des scènes similaires sont signalées à Nduta, où les réfugiés parlent de violations graves des droits humains et appellent la communauté internationale à intervenir pour mettre fin à ces destructions. Plusieurs dénoncent également un enregistrement forcé, sans consentement libre et éclairé.
« Il s’agit d’une manière de priver des réfugiés de leur droit à la vie, à l’éducation, aux soins médicaux, à la liberté d’expression et d’épanouissement, tout en les exposant à des actes de cruauté, à des violences psychologiques et même à la mort », expliquent-ils.

Un réfugié burundais désemparé après la destruction de sa maison au camp de Nduta, en Tanzanie, une situation qui menace sa sécurité et celle de sa famille. © SOS Médias Burundi
Un ordre d’enregistrement avait été affiché pour tous les réfugiés, les autorités souhaitant les contraindre à retourner au Burundi, affirmant que le pays est désormais paisible et qu’ils n’ont plus besoin de rester en Tanzanie. Les représentants du gouvernement auraient cependant changé de tactique.
« Ils arrivent le soir et annoncent : ‘Le lendemain, nous viendrons démolir. Préparez-vous à déplacer vos biens !’ Quand ils constatent que vous ne les avez pas déplacés, c’est votre faute ! C’est une situation vraiment dramatique », dénoncent des habitants du camp de Nduta.
Les réfugiés affirment qu’il ne s’agit pas de retours volontaires, mais de démolitions forcées. Plusieurs familles dorment désormais à la belle étoile, exposées aux pluies et au froid.
« Des enfants dorment dehors dans le froid, alors qu’il pleut jour et nuit. La population souffre et des décès surviennent en raison des restrictions imposées par le gouvernement », s’inquiètent-ils.
Ils expliquent qu’ils refusent de s’enregistrer pour des retours volontaires, ne se sentant toujours pas en sécurité au Burundi. « Cette fois-ci, nous constatons que nous sommes persécutés pour y retourner. Pourtant, les raisons qui nous ont poussés à fuir demeurent, et certains de ceux qui sont revenus ont été tués, emprisonnés ou ont fui vers d’autres régions ici en Tanzanie, au Kenya, en Ouganda ou encore au Malawi », ajoutent des réfugiés qui se sont confiés à SOS Médias Burundi.
Ils implorent le gouvernement tanzanien et les Nations Unies de les protéger de cette vie de misère, de maladie et de détresse psychologique.
Les destructions dans les camps de Nduta et Nyarugusu, commencées en janvier dernier, ont déjà touché plus de 20.000 personnes. Ces opérations affectent également les hôpitaux, centres de santé et écoles. Les autorités tanzaniennes ont annoncé qu’après le 31 mars, plus de 110 000 réfugiés burundais ne seront plus autorisés à rester sur le territoire tanzanien.
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Photo : Des réfugiés burundais au milieu des ruines de leurs maisons détruites dans le camp de Nyarugusu, en Tanzanie, dénonçant des démolitions forcées qui mettent en danger leur vie et leur sécurité. © SOS Médias Burundi
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