Burundi : des propriétaires dénoncent une “taxe cachée” derrière la sécurisation des titres fonciers
SOS Médias Burundi
Bujumbura, 22 mars 2026—Le gouvernement burundais a lancé une opération de sécurisation des titres fonciers assortie de frais d’acquisition, une mesure qui suscite déjà des réactions mitigées parmi les détenteurs de parcelles à travers le pays.
Dans une correspondance officielle signée le 17 mars 2026, le directeur des titres fonciers et du cadastre national, Salomon Nibigira, a annoncé la mise en œuvre de cette procédure, conformément au budget général de la République du Burundi pour l’exercice 2025-2026. Le communiqué fixe au 30 avril 2026 la date limite pour le dépôt des titres fonciers en vue du paiement des frais liés à l’acquisition de titres fonciers sécurisés.
Les opérations de réception et de traitement des dossiers se dérouleront dans plusieurs centres à travers le pays, notamment à Bujumbura, la capitale économique, Gitega, la capitale politique, Makamba, chef-lieu de la province de Burunga au sud ainsi que Ngozi, chef-lieu de la province de Butanyerera dans le nord.
Pour constituer leur dossier, les concernés devront fournir plusieurs documents, dont l’original du titre foncier accompagné d’une copie, une procuration notariée en cas de représentation, le numéro d’identification fiscale pour les personnes morales, ainsi qu’une copie de la carte nationale d’identité ou du passeport.
Sur le terrain, cette mesure est loin de faire l’unanimité. Plusieurs détenteurs de titres fonciers dénoncent un délai jugé trop court au regard du nombre important de personnes qui peinent encore à retrouver leurs documents ou à régulariser leur situation foncière. D’autres y voient une manœuvre susceptible de pénaliser ceux qui ne parviendront pas à respecter l’échéance fixée.
Certaines voix vont plus loin, estimant que cette initiative s’inscrit dans une logique de mobilisation accrue des ressources financières pour soutenir le budget national en cours d’exécution. « C’est une pression supplémentaire sur les citoyens », confie un propriétaire inquiet.
À ce stade, de nombreuses zones d’ombre persistent quant aux modalités concrètes de mise en œuvre. Les détenteurs de titres fonciers attendent ainsi le lancement effectif de l’opération, prévu à partir du 23 mars 2026, pour obtenir davantage d’éclaircissements sur cette réforme qui pourrait impacter largement le secteur foncier burundais.
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Photo : des femmes à l’œuvre sur un chantier autrefois réservé aux hommes, dans la ville de Kayanza, au nord du Burundi. Leur présence, de plus en plus visible dans des secteurs traditionnellement masculins, contraste avec les préoccupations économiques et foncières actuelles dans le pays, où de nombreux citoyens expriment des inquiétudes face aux nouvelles exigences liées à la sécurisation des titres fonciers. © SOS Médias Burundi
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