Gitega : plusieurs personnes accusées de sorcellerie échappent à un lynchage après une mort suspecte
SOS Médias Burundi
Gitega, 15 avril 2026 – Les cas de justice populaire liés aux accusations de sorcellerie continuent de susciter des tensions dans certaines localités de la province de Gitega, où des rumeurs autour d’un décès ont failli provoquer un drame collectif.
Une vive tension a été enregistrée sur la colline Gihamagara, en commune et province de Gitega, au centre du Burundi, après la mort jugée suspecte d’un habitant. Sept personnes accusées de pratiques de sorcellerie ont été prises pour cible par des habitants en colère avant d’être placées en détention par les forces de l’ordre.
Selon des témoignages recueillis sur place, les faits remontent au samedi 11 avril 2026, lorsque Jean Marie Nizigama, qui célébrait son mariage, a été victime d’un malaise soudain. Il a été évacué vers l’hôpital Sainte Thérèse de Songa, où il est décédé le dimanche 12 avril 2026.
À la suite de ce décès, des habitants ont soupçonné des pratiques de sorcellerie et ont lancé des représailles contre plusieurs personnes de la localité. Les nommés Léonard Mperabanyanka, Nestor Kagoma, Catherine, Luc Karema, Concilie ainsi que Spes Caritas Niragira figurent parmi les personnes accusées et prises à partie.
Battues par la foule, elles ont été conduites de force dans les cachots de la police de la zone Itaba. Selon des sources locales, des habitants en colère auraient tenté de forcer les lieux de détention pour s’en prendre aux suspects.
Face à la montée des tensions, l’administration locale est intervenue et a ordonné le transfert des personnes arrêtées vers le commissariat provincial de police à Gitega, afin d’éviter un lynchage.
Malgré cette mesure, des actes de représailles ont été signalés, notamment la destruction de plusieurs habitations et champs appartenant aux personnes accusées.
Les autorités locales appellent au calme et rappellent que les accusations doivent être traitées dans le cadre légal, alors que cet incident illustre une nouvelle fois la persistance des croyances liées à la sorcellerie et le risque de justice populaire dans certaines communautés.
Au Burundi, des cas de justice populaire sont souvent rapportés dans différentes localités du pays. Les autorités burundaises ont mis en place des mesures contraignantes pour y remédier, mais la situation persiste.
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Photo : Une rue de Gitega, la capitale politique du Burundi, où ont été transférées les personnes accusées de sorcellerie après avoir échappé de justesse à un lynchage lors de tensions liées à une mort suspecte. © SOS Médias Burundi
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