Zambie : “confinement déguisé” dans les camps, les réfugiés dénoncent des restrictions drastiques de mouvement
SOS Médias Burundi
Meheba, 15 avril 2026 – Le ministère zambien de l’Intérieur et de la Sécurité est accusé par des réfugiés de durcir de manière drastique et controversée les conditions de circulation dans les camps du pays, une mesure qui ravive les inquiétudes dans plusieurs sites, dont celui de Meheba, qui abrite également des ressortissants burundais.
Le ministère zambien de l’Intérieur et de la Sécurité a récemment restructuré le système d’octroi des permis de sortie, dits « Gate Pass », des documents déjà rares permettant aux réfugiés de quitter temporairement les camps. Désormais, ces autorisations sont limitées à une seule destination précise. Une restriction qui rompt avec l’ancien système, où les bénéficiaires pouvaient se déplacer librement sur le territoire zambien, à condition de ne pas quitter le pays.
La mesure concerne l’ensemble des camps du pays, notamment Meheba, Mayukwayukwa et Mantapala.
Se plaignent certains réfugiés qui se sont confiés à SOS Médias Burundi, cette réforme constitue une atteinte directe à leur liberté de mouvement et complique fortement leur quotidien, notamment pour les étudiants, les petits commerçants et les travailleurs dépendant de ces autorisations pour survivre.
Selon une source proche de l’administration du camp de Meheba, ce durcissement fait suite à des constats selon lesquels certains permis auraient été « mal utilisés, parfois dans des situations mettant mal à l’aise l’administration du camp ». Les autorités évoquent ainsi une mesure visant « un meilleur encadrement, la protection des réfugiés et la préservation de la paix et de la sécurité ».
Autre changement majeur : les demandeurs doivent désormais se présenter physiquement au bureau du président du camp. Les renouvellements, autrefois possibles par téléphone ou par l’intermédiaire d’un parent ou tuteur inscrit dans le dossier familial, ne sont plus acceptés.
Les réfugiés dénoncent également une délivrance devenue lente et insuffisante, alors que le document n’est valable que deux mois et reste fortement sollicité. À Meheba, le bureau chargé des « Gate Pass » n’est ouvert que deux jours par semaine, les lundi et vendredi, pour plus de 30.000 personnes.
« Nous ne comprenons pas pourquoi nos droits sont rétrécis alors que nous espérions une délivrance quotidienne du document », se plaignent certains réfugiés interrogés par SOS Médias Burundi.
Les étudiants, les commerçants et les travailleurs figurent parmi les plus touchés. Certains estiment que ces restrictions pourraient pousser des réfugiés à abandonner les procédures officielles et à recourir à des déplacements clandestins.
« Cette restructuration ne résout rien. Elle risque plutôt d’encourager l’illégalité », estime un représentant de la communauté burundaise au camp de Meheba.
Cette situation intervient dans un contexte de forte pression migratoire, marqué par l’arrivée de nouveaux réfugiés, notamment des Burundais en provenance des camps de réfugiés installés en Tanzanie, dont la fermeture progressive et unilatérale a été signalée.
Selon les services de l’immigration zambienne, les arrivées se poursuivent par voies légales et clandestines. Les Burundais figurent parmi les nationalités les plus représentées, avec une hausse notable ces derniers mois.
« Avant juin 2025, le nombre de réfugiés burundais était estimé à environ 8.000. Aujourd’hui, il dépasse les 15.000 », a indiqué fin mars le ministre de l’Intérieur, Jack Mwiimbu.
Le camp de Meheba accueille à lui seul plus de 30.000 réfugiés, dont environ 5.000 Burundais, ainsi que des Congolais et d’autres nationalités.
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Photo : Une vue partielle du camp de réfugiés de Meheba en Zambie où les réfugiés dénoncent le durcissement des conditions de circulation et des restrictions jugées de plus en plus contraignantes. © SOS Médias Burundi
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