Bubanza et Mpanda : la réorganisation territoriale met à nu le manque d’infrastructures judiciaires
SOS Médias Burundi
Bubanza , 29 avril 2026 – La création de tribunaux de résidence dans chaque zone, prévue par la nouvelle réforme administrative, se heurte à des difficultés matérielles dans la province de Bujumbura, à l’ouest du Burundi, où les juridictions fonctionnent encore dans des conditions précaires.
La récente réorganisation de l’administration territoriale au Burundi continue de susciter des défis majeurs dans la mise en œuvre de la réforme judiciaire, notamment dans les communes de Bubanza et Mpanda en province de Bujumbura.
Cette réforme s’inscrit dans une nouvelle architecture administrative ayant profondément modifié le découpage territorial. Les provinces ont été réorganisées en cinq entités, tandis que les communes sont passées de 119 à 42. Dans le même temps, le nombre de zones a été revu à la hausse, passant de 339 à 447, alors que les collines ont été portées de 2 910 à 3 037.
Elle est encadrée par l’ordonnance ministérielle n°1287 du 13 avril 2026 portant nomination et affectation de certains magistrats en province de Bujumbura. Ce texte prévoit la création de tribunaux de résidence dans chaque zone, ainsi qu’un tribunal de grande instance par commune, dans le but de rapprocher la justice des citoyens.
Dans ce nouveau dispositif, des magistrats ont déjà été affectés dans les différentes juridictions afin d’assurer la mise en œuvre de cette réforme. Toutefois, sur le terrain, l’absence d’infrastructures adaptées constitue un obstacle majeur.
Dans les communes de Bubanza et Mpanda, l’organisation judiciaire comptait jusque-là sept tribunaux de résidence et un seul tribunal de grande instance. Avec la nouvelle configuration administrative, le nombre de zones est passé à 17, entraînant une augmentation significative des besoins en infrastructures judiciaires.
Le tribunal de grande instance de Mpanda fonctionne actuellement dans les anciens locaux du tribunal de résidence de la localité, une solution provisoire jugée insuffisante. Selon des sources locales, au moins dix nouveaux bureaux devront être construits pour accueillir les services judiciaires dans les nouvelles zones.
Sur le terrain, les conditions de travail restent difficiles. Les espaces disponibles sont souvent partagés entre différents services administratifs et judiciaires, une situation qui complique le fonctionnement quotidien des juridictions.
Des responsables administratifs indiquent que des projets de construction de nouvelles infrastructures sont envisagés. Ces futurs bâtiments devraient comprendre des bureaux pour magistrats, des greffes ainsi que des salles d’audience indispensables au bon fonctionnement de la justice de proximité.
Dans la population, la réforme est globalement bien accueillie, beaucoup y voyant une avancée vers une justice plus accessible. Cependant, plusieurs observateurs estiment que sans infrastructures adéquates, sa mise en œuvre risque de rester difficile sur le terrain, notamment dans les communes de Bubanza et Mpanda en province de Bujumbura.
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Photo : Des habitants à l’extérieur du tribunal de Bubanza suivent le procès de cinq personnes condamnées pour propagation de fausses rumeurs de “vol de sexe” à Gihanga, le 12 mars 2026. À Bubanza et Mpanda, la réorganisation administrative et judiciaire entraîne de nouveaux besoins en infrastructures pour les juridictions locales. © SOS Médias Burundi
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