Musenyi : des malades chroniques contraints de survivre dans des hangars surpeuplés

Musenyi : des malades chroniques contraints de survivre dans des hangars surpeuplés

SOS Médias Burundi

Musenyi, 28 avril 2026 — Sur le site de réfugiés congolais de Musenyi, en commune Musongati, province de Burunga, au sud du Burundi, les conditions de vie restent préoccupantes, en particulier pour les personnes souffrant de maladies chroniques. Installés dans des hangars communs souvent surpeuplés, ces réfugiés dénoncent un environnement inadapté qui aggrave leur état de santé.

Dans ces abris collectifs, plusieurs dizaines de personnes cohabitent dans des espaces réduits, souvent mal aérés. Une réalité difficile à supporter pour des malades souffrant notamment d’asthme, de diabète, de sinusite et d’autres pathologies chroniques nécessitant des conditions de vie adaptées.

« La nuit, je ne dors presque pas. L’humidité et la poussière aggravent ma sinusite. Parfois, j’ai des maux de tête intenses et des difficultés à respirer », confie un réfugié ayant requis l’anonymat. « Nous sommes nombreux dans le hangar, il n’y a pas d’aération suffisante. Même quand je prends des médicaments, l’environnement ne permet pas d’aller mieux. Nous demandons simplement d’être transférés dans des tentes ou de pouvoir construire des maisons plus adaptées. »

Comme lui, plusieurs malades chroniques affirment que la promiscuité constitue un facteur aggravant de leur état de santé. Ils lancent un appel pressant à l’Office national de protection des réfugiés et apatrides (ONPRA) ainsi qu’au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), afin qu’une solution de relogement adaptée soit trouvée.

Même parmi les réfugiés en bonne santé, l’inquiétude est palpable. « Nous sommes très nombreux dans les hangars, parfois plusieurs familles partagent un même espace », explique Patrick, un réfugié du site. « Les conditions d’hygiène sont difficiles et l’air est étouffant. Si une épidémie éclate ici, elle va se propager rapidement et tout le monde sera touché. Nous vivons avec cette peur chaque jour. »

Le site de Musenyi abrite aujourd’hui près de 22 000 réfugiés. Une grande partie d’entre eux est arrivée début 2025, après la chute des villes de Goma et Bukavu, chefs-lieux du Nord-Kivu et du Sud-Kivu respectivement, aux mains des rebelles de la coalition politico-militaire AFC/M23, à la suite des affrontements les opposant aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), l’armée loyaliste congolaise, appuyée par les troupes burundaises et les milices Wazalendo soutenues par Kinshasa.

Cet afflux massif a mis à rude épreuve les capacités d’accueil du site. Les hangars, initialement prévus comme solution temporaire, sont désormais occupés sur de longues périodes, exposant les réfugiés à des conditions de vie précaires.

Les réfugiés de Musenyi appellent ainsi les autorités et les organisations humanitaires à mettre en place des solutions d’hébergement plus adaptées, notamment pour les personnes souffrant de maladies chroniques.

Le Burundi abrite encore quelque 200 000 réfugiés congolais originaires de l’est congolais.

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Photo : Des abris en bâches au site de réfugiés de Musenyi, dans le sud-est du Burundi. Les malades chroniques continuent toutefois de vivre dans des conditions difficiles, exposés à la promiscuité, au manque d’aération et à un environnement peu adapté à leur état de santé. © SOS Médias Burundi

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