Burunga : entre survie et danger, les populations riveraines du lac Tanganyika face aux attaques d’animaux sauvages
SOS Médias Burundi
Bujumbura, 28 avril 2026 — Dans la province de Burunga, au sud du Burundi, notamment sur les rives du lac Tanganyika à Nyanza-Lac et dans les environs de Rumonge, les populations vivent dans une insécurité croissante liée à la présence d’animaux sauvages. Les attaques de crocodiles et d’hippopotames se multiplient, mettant en danger les habitants qui dépendent pourtant quotidiennement du lac pour leurs activités de survie.
Sur les rives du lac Tanganyika, chaque journée peut basculer en drame. À Nyanza-Lac, dans la province de Burunga, les habitants vivent désormais avec une peur permanente : celle d’être attaqués par un crocodile ou un hippopotame en accomplissant les gestes les plus simples du quotidien.
Ce mardi 21 avril 2026 en début de soirée, sur la colline de Rimbo, un jeune homme de 18 ans a échappé de justesse à la mort après avoir été violemment attaqué par un crocodile alors qu’il coupait de l’herbe pour nourrir le bétail, aux environs de 18 heures.
Selon plusieurs témoins présents sur place, la victime se trouvait près des berges lorsqu’un crocodile a brusquement surgi et l’a saisi avec violence. Alertés par ses cris, les riverains ont accouru et, en faisant du bruit, ont réussi à effrayer l’animal qui a relâché sa proie. Le jeune homme, grièvement blessé aux jambes et au flanc, a été transporté en urgence vers l’hôpital de district de Nyanza-Lac, où il reçoit des soins intensifs. Son état reste préoccupant mais stable, selon des sources locales.
Les autorités collinaires de Rimbo ont confirmé les faits et salué la rapidité d’intervention des habitants, sans laquelle l’issue aurait pu être fatale.
Une série d’attaques de plus en plus inquiétante
Ce drame n’est pas isolé. Il y a deux semaines, un autre adolescent avait été grièvement blessé dans la même région après une attaque d’hippopotame. Plus récemment, des pêcheurs, des femmes et des enfants venus puiser de l’eau ont également été confrontés à des animaux agressifs dans les communes de Nyanza et de Rumonge.
Cette recrudescence inquiète fortement les populations locales, qui dénoncent une insécurité devenue quasi quotidienne sur les rives du lac.

Des pêcheurs reviennent au bord du lac Tanganyika après une nuit de pêche, le 29 mai 2023, en province de Burunga, au sud de la petite nation de l’Afrique de l’Est, dans un contexte marqué par les risques liés à la présence d’animaux sauvages et les conditions parfois dangereuses de navigation sur le lac. © SOS Médias Burundi
Une pression environnementale de plus en plus visible
Au-delà des accidents, les habitants évoquent aussi la dégradation de l’environnement comme facteur aggravant. La destruction des habitats naturels, l’occupation des berges et l’extension des activités humaines réduisent les espaces de vie de la faune sauvage, favorisant les rencontres dangereuses entre humains et animaux.
Une dépendance vitale au lac
Malgré les risques, les riverains n’ont souvent pas d’alternative. Le lac Tanganyika reste leur principale source d’eau, de pêche et d’activités agricoles. L’absence d’infrastructures d’eau potable et de sites sécurisés oblige encore femmes et enfants à s’exposer quotidiennement aux dangers, parfois tôt le matin ou tard le soir.
Des solutions encore limitées
Les autorités locales appellent à la prudence, mais sur le terrain les mesures restent insuffisantes. Les habitants plaident pour des solutions concrètes, notamment des points d’eau sécurisés, l’aménagement de zones protégées et un renforcement des mesures de prévention.
Dans la province de Burunga, le lac Tanganyika demeure ainsi à la fois une source de vie indispensable et un espace de danger permanent pour les populations riveraines.
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Photo : Des femmes et des enfants sur un port de pêche dans la province de Burunga, au sud du Burundi, exposés aux dangers des eaux du lac Tanganyika où la présence de crocodiles et d’hippopotames rend certaines activités quotidiennes particulièrement risquées. © SOS Médias Burundi
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