Burundi : la pénurie de carburant paralyse les transports dans toute la ville de Bujumbura
SOS Médias Burundi
Bujumbura, 28 avril 2026 — Depuis le lundi 27 avril 2026, une grave perturbation du transport en commun est observée dans toute la ville de Bujumbura, la capitale économique du Burundi. En cause : une pénurie persistante de carburant qui affecte fortement la circulation des bus et complique les déplacements des habitants.
Devant plusieurs stations-service, des bus de transport en commun sont immobilisés depuis le week-end faute de carburant. Pendant ce temps, les passagers s’entassent sur les parkings du nord et du sud de la ville, espérant trouver un moyen de transport pour rejoindre leurs lieux de travail ou leurs destinations.
Aux abords de l’ancien marché central, où se trouve le principal parking de la ville, de nouveaux parkings improvisés de taxis ont vu le jour. Dès 8h30, certains usagers affirment attendre depuis 6 heures du matin, sans succès, notamment pour les bus desservant la ligne Ville–Kinindo. D’autres tentent de rejoindre le sud du pays, notamment Rumonge ou Makamba, mais se heurtent à la même difficulté : l’absence de bus.

Une commerçante transporte des bidons de carburant dans la ville d’Uvira, en République démocratique du Congo, à quelques kilomètres de Bujumbura. À Bujumbura, la capitale économique du Burundi, la pénurie de carburant continue de perturber fortement les déplacements et les activités quotidiennes des habitants. © SOS Médias Burundi
Face à cette situation, des taxis et véhicules privés ont pris le relais, souvent à des prix largement supérieurs aux tarifs habituels. Le trajet entre le centre-ville et Kinindo varie entre 4 000 et 5 000 francs burundais, tandis que celui vers Kanyosha Busoro peut atteindre 6 000 francs. Ces prix sont négociés directement avec les conducteurs dans un contexte de forte demande. En temps normal, le coût d’un trajet en bus ne dépasse pas 600 francs burundais pour ces deux destinations.
Certains témoignages évoquent également des pratiques de corruption impliquant des agents de police, accusés de percevoir de l’argent auprès des chauffeurs pour les autoriser à transporter des passagers. Une situation qui alimente davantage le mécontentement des citoyens.
Par ailleurs, le marché noir du carburant connaît une flambée des prix. En l’espace de quelques jours, le litre est passé de 18 000 à parfois 40 000 francs burundais. Selon des conducteurs, ces tarifs fluctuent régulièrement en fonction des informations sur la distribution officielle du carburant. Sur le marché officiel, un litre d’essence est fixé à 4 000 francs burundais.
Cette crise impacte lourdement le quotidien des habitants de Bujumbura. Certains sont contraints de parcourir de longues distances à pied, notamment ceux vivant à proximité du centre-ville. Pour d’autres, particulièrement ceux qui doivent traverser les rivières Ntahangwa et Kanyosha, les frais de transport peuvent atteindre au moins 10 000 francs burundais par jour.

La population appelle à une résolution urgente et durable de la pénurie de carburant, devenue récurrente dans la capitale économique. Malgré les assurances données récemment par le porte-parole du gouvernement, Jérôme Niyonzima, aucune mesure concrète n’a encore été annoncée pour atténuer les effets de cette crise.
La situation n’est pas isolée à Bujumbura. Toutes les régions du pays subissent les mêmes difficultés liées au manque de carburant. La crise est aggravée par les tensions autour de l’Iran qui perturbent le marché mondial de l’énergie et affectent l’approvisionnement en pétrole dans plusieurs pays.
La petite nation de l’Afrique de l’Est traverse par ailleurs une crise chronique du carburant depuis plus de cinq ans, une situation qui continue d’affecter gravement les transports, l’économie et la vie sociale du pays.
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Photo : Des habitants sur un parking vide dans la ville commerciale de Bujumbura. © SOS Médias Burundi
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