Nduta vidé : des milliers de réfugiés burundais “se déversent” vers Nakivale, Kakuma et Mahama dans un exode chaotique
SOS Médias Burundi
Mahama / Nakivale / Kakuma, 26 mai 2026 —La fermeture du camp de Nduta en Tanzanie provoque un important mouvement de réfugiés burundais vers plusieurs pays de la sous-région. En Ouganda, au Kenya et au Rwanda, des arrivées quotidiennes sont signalées dans les camps de Nakivale, Kakuma et Mahama. Les réfugiés décrivent un parcours périlleux, marqué par la faim, les arrestations et les traversées clandestines, tandis que les acteurs humanitaires alertent sur une situation de plus en plus difficile à gérer.
Au camp de Nakivale, en Ouganda, des sources sur place indiquent l’arrivée de plusieurs centaines de Burundais chaque semaine depuis environ un mois. Ils arrivent soit en petits groupes, soit individuellement, principalement des femmes et des enfants, tandis que les hommes sont en nombre réduit.
« Ils arrivent affamés et affaiblis. Ils passent de maison en maison pour chercher à manger », confie une source sur place.
Un leader communautaire du camp parle d’un mouvement inhabituel et appelle les autorités ainsi que le HCR à réagir face à ce flux continu de nouveaux arrivants, souvent sans assistance immédiate.

Au camp de Kakuma, au Kenya, les nouveaux arrivants seraient enregistrés et bénéficieraient d’une aide alimentaire, selon des sources locales. Toutefois, certains réfugiés seraient encore bloqués à la frontière avec la Tanzanie.
Au camp de Mahama, au Rwanda, les arrivées seraient moins nombreuses en raison du contrôle strict des frontières. Une famille interrogée affirme avoir obtenu l’asile et une assistance rapide, malgré un parcours difficile depuis Nduta.
Les témoignages recueillis décrivent un parcours qualifié de « chemin de croix », avec des passages clandestins, des arrestations répétées et des retours forcés vers le Burundi ou la Tanzanie.
Un réfugié affirme avoir été arrêté à deux reprises par la police tanzanienne avant de réussir à rejoindre l’Ouganda après plusieurs tentatives, parfois facilitées par la corruption aux frontières.
« Nous avons tout laissé derrière nous. Mais ici aussi, nous manquons de tout », confie-t-il depuis Nakivale.
Selon plusieurs témoignages, des milliers de réfugiés seraient encore en route ou bloqués en Tanzanie, tandis que d’autres auraient disparu en chemin.

Certains réfugiés accusent le HCR et les autorités tanzaniennes d’être responsables de la détérioration de leur situation, évoquant des décisions prises dans le cadre de l’accord tripartite entre la Tanzanie, le Burundi et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) sur le rapatriement volontaire.
Depuis la fermeture du camp de Nduta le 30 avril 2026, les infrastructures ont été officiellement remises aux autorités tanzaniennes. Par ailleurs, le camp de Nyarugusu, qui accueille encore des réfugiés burundais, devrait également fermer d’ici le 31 juillet 2026, conformément aux décisions annoncées.
D’après les données du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), près de 200 000 réfugiés burundais sont actuellement répartis dans plusieurs pays de la sous-région, notamment en Ouganda, en Tanzanie, au Rwanda, en RDC et au Kenya, ainsi que dans des pays de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), notamment la Zambie et le Malawi.
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Photo : une rue dans le camp de Mahama, à l’est du Rwanda, où des anciens réfugiés de Nduta ont été accueillis après la fermeture du camp en Tanzanie et la poursuite des mouvements de déplacement dans la région.©SOS Médias Burundi
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