Bujumbura : des habitants dénoncent une “arnaque” autour des logements sociaux
SOS Médias Burundi
Bujumbura, 4 juin 2026 – Devant une attente qui se prolonge, plusieurs habitants de la capitale économique du Burundi expriment un scepticisme croissant face au projet de logements sociaux initié par le gouvernement. Lancé il y a près de trois ans, ce programme peine, selon eux, à montrer des avancées concrètes sur le terrain.
Pour de nombreuses familles, cette initiative représentait pourtant une lueur d’espoir dans un contexte marqué par la flambée des loyers et la dégradation des conditions de vie en milieu urbain.
« Nous avons payé, mais rien ne suit »
Dans le quartier de Carama, à la périphérie nord de Bujumbura, un habitant dit sa frustration face au retard du projet :
« Les logements sociaux pourraient réellement être une solution pour de nombreuses familles à Bujumbura. Mais nous avons déjà payé, et jusqu’à présent, rien ne suit. Quand je vois comment les projets du gouvernement évoluent, je doute que celui-ci se réalise », confie-t-il.
Ce témoignage reflète un sentiment partagé par plusieurs citoyens, qui évoquent un manque de transparence et l’absence de résultats visibles sur le terrain.
Une confiance de plus en plus fragilisée
D’autres habitants se montrent encore plus critiques et affirment avoir perdu confiance dans le projet :
« Peut-être que cela changera avec un autre pouvoir. Mais aujourd’hui, on a l’impression que tout est fait pour nous soutirer de l’argent. L’argent que nous avons versé pour ces logements sociaux, pour moi, c’est déjà perdu », déplore un autre résident.
Ces propos traduisent une crise de confiance plus large vis-à-vis de certaines initiatives publiques.
Pression du coût de la vie
Au-delà du projet lui-même, les habitants soulignent les difficultés économiques qui frappent les ménages urbains.
« Les loyers ont énormément augmenté. Pour les fonctionnaires, c’est un problème très sérieux. Mon épouse et moi gagnons moins de 400 000 francs burundais par mois. Il est déjà difficile de payer les frais scolaires des enfants et de se nourrir après avoir payé le loyer. Dans ces conditions, construire sa propre maison est impensable », explique un autre citoyen.
Selon lui, la méfiance ne concerne pas uniquement les logements sociaux, mais s’étend également à d’autres promesses publiques.
Un malaise urbain grandissant
Ces témoignages traduisent un malaise réel au sein de la population urbaine. Alors que les besoins en logement deviennent de plus en plus pressants à Bujumbura, l’absence de résultats visibles risque d’accentuer la méfiance envers les politiques publiques.
Pour de nombreux habitants, le projet de logements sociaux reste aujourd’hui une promesse non tenue. Entre espoir initial et désillusion progressive, sa réussite dépendra désormais de la capacité des autorités à transformer les engagements en réalisations concrètes et visibles.
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Photo : Des habitants de Bujumbura attendent des bus sur un parking dans le nord de la ville. Les logements sociaux promis restent, eux aussi, toujours attendus. © SOS Médias Burundi
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