Burundi : des sénateurs dubitatifs sur l’octroi de fonds « gigantesques » aux ministères
Lors d’une séance de questions orales des parlementaires dans la capitale politique Gitega (centre du Burundi), le ministre des Finances a fait surtout face à des questions en rapport avec le budget 2024-2025.Des sénateurs ont évoqué ne pas comprendre l’attribution de fonds qu’ils ont qualifiés de gigantesques à certains ministères, de même qu’une rubrique de plusieurs centaines de millions de francs burundais alloués à « l’entretien d’un avion présidentiel qui n’existe pas ». (SOS Médias Burundi)
Le ministre des Finances devait répondre aux questions des sénateurs à propos de la loi portant fixation du budget de la République du Burundi pour l’exercice 2024-2025.
Des sénateurs ont exprimé leur incompréhension face à l’augmentation des frais de fonctionnement en faveur de certains ministères au détriment des investissements.
« Expliquez-nous comment le budget du ministère de la Santé publique et de lutte contre le VIH/Sida est passé de 250 millions à plus de 5 milliards de francs burundais », a exigé l’honorable Jean Bosco Barutwanayo.
D’autres ministères dont le budget inquiète les sénateurs burundais sont notamment ceux de l’Intérieur, des Relations extérieures ou encore de la planification. Leur budget est respectivement passé de 134 millions à un milliard, de 93 à 336 millions et de 110 à 290 millions de francs burundais.
Des fonds pour un avion fictif
Dans la nouvelle loi budgétaire, la rubrique pour l’entretien d’un avion présidentiel a de nouveau été prévue. Certains sénateurs n’ont pas caché leur désapprobation.
« Chaque année cette rubrique pour l’entretien du jet présidentiel revient alors qu’il n’a jamais décollé. Pas un seul jour. Où va cet argent? », a demandé Jean Bosco Barutwanayo.
Le ministre Audace Niyonzima a indiqué que les fonds ont été revus à la hausse pour entre autres, les indemnités d’éloignement des médecins,le recrutement de nouveaux membres du personnel soignant et les frais de descente sur terrain pour d’autres ministères.
L’ex-SOGESTAL Kirimiro toujours en question
Les employés de la défunte société SOGESTAL (Société de gestion des stations de lavage du café)- Kirimiro ont également fait l’objet d’un débat. C’est à propos de 17 mois d’arriérés de salaires qu’ils réclament après la faillite de la société.
Le minitre a promis de soumettre la question du personnel de la SOGESTAL – Kirimiro au Conseil des ministres.
« L’enquête a été clôturée. C’est trois milliards qui doivent être débloqués », a-t-il précisé.
Pour le jet présidentiel, Audace Niyonzima a donné les mêmes explications que le président Neva.
« Même s’il ne fonctionne pas, le gouvernement burundais doit continuer à payer les frais d’entretien et de stationnement pour son avion » qui reste cloué au sol durant plusieurs années.
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Photo : des sénateurs lors de la séance des questions orales à l’endroit du ministre en charge des finances Audace Niyonzima, DR
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