Prison centrale de Murembwe : faim, maladies et surpopulation, le calvaire des détenus

Prison centrale de Murembwe : faim, maladies et surpopulation, le calvaire des détenus

SOS Médias Burundi

Rumonge, le 27 juin 2026 – Les détenus de la prison centrale de Murembwe, située dans la zone Gatete, commune de Rumonge, en province de Burunga, dans le sud-ouest de la petite nation de l’Afrique de l’Est, dénoncent des conditions de détention particulièrement éprouvantes depuis plusieurs mois. Surpopulation, alimentation insuffisante, manque de soins médicaux, absence d’eau potable et prolifération des maladies rythment leur quotidien, selon plusieurs sources concordantes.

Des détenus contactés par SOS Médias Burundi décrivent une situation qu’ils qualifient d’« alarmante ». Ils affirment vivre dans des conditions qui ne respecteraient pas les droits fondamentaux des personnes privées de liberté.

« Nous survivons plus que nous ne vivons. Beaucoup de détenus tombent malades parce qu’ils mangent trop peu et dorment dans de mauvaises conditions », témoigne un prisonnier sous couvert d’anonymat.

Selon les informations recueillies, les détenus ne reçoivent qu’un seul repas par jour, généralement composé de haricots et de pâte de maïs. Une ration jugée insuffisante pour couvrir les besoins nutritionnels des plus de 1 600 détenus.

La situation sanitaire est tout aussi préoccupante. Les détenus malades ne bénéficieraient pas de soins réguliers et seraient souvent contraints de faire appel à leurs familles pour acheter des médicaments ou financer leur prise en charge médicale.

Pourtant, des infirmiers sont affectés à l’établissement pénitentiaire. Selon les mêmes sources, ils exercent leur mission dans des conditions très difficiles, faute de médicaments, d’équipements médicaux et de matériel adéquat.

La surpopulation carcérale demeure l’un des principaux défis de cette maison de détention. Conçue pour accueillir environ 800 détenus, la prison centrale de Murembwe hébergerait actuellement plus de 1 600 prisonniers, soit le double de sa capacité officielle.

Une source policière affirme que de nombreux détenus dorment à même le sol, faute de lits, de matelas et de matériel de couchage. Cette promiscuité favorise la propagation des maladies et rend les conditions d’hygiène particulièrement difficiles.

Les détenus dénoncent également l’absence de moustiquaires, alors que l’établissement est situé à proximité du lac Tanganyika, une zone fortement exposée aux moustiques. Cette situation accroît le risque de paludisme. Selon plusieurs témoignages, les prisonniers atteints de cette maladie ne bénéficieraient pas toujours des traitements antipaludiques nécessaires.

À ces difficultés s’ajoute le manque d’accès à l’eau potable. Les sources consultées indiquent que la prison connaît de fréquentes pénuries d’eau, compliquant davantage les conditions d’hygiène et augmentant les risques de maladies liées au manque d’assainissement.

Les détenus lancent un appel aux autorités burundaises pour des mesures urgentes afin d’améliorer leurs conditions de vie, renforcer la prise en charge médicale et désengorger l’établissement.

La situation de Murembwe reflète un problème structurel qui touche l’ensemble du système pénitentiaire burundais. À l’échelle nationale, les prisons du pays disposent d’une capacité d’accueil de 4 294 places, alors que la population carcérale dépasse régulièrement 12 000 détenus. Certains établissements fonctionnent à plus de 300 % de leur capacité, aggravant les conditions de détention, favorisant la propagation des maladies et accentuant les tensions internes.

Contactés par SOS Médias Burundi, les responsables de la prison centrale de Murembwe ainsi que les autorités pénitentiaires n’avaient pas réagi au moment de la publication de cet article.

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Photo : Des détenus à l’intérieur de la prison centrale de Murembwe lors d’une cérémonie officielle. L’établissement est régulièrement confronté à des problèmes de surpopulation et de conditions de détention difficiles, selon plusieurs sources. © SOS Médias Burundi

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