Bugendana : l’abattoir de Bitare privé d’eau potable, l’hygiène en péril

Bugendana : l’abattoir de Bitare privé d’eau potable, l’hygiène en péril

SOS Médias Burundi

Bugendana, 18 août 2026—À Bugendana, dans la province de Gitega, au centre de la petite nation de l’Afrique de l’Est, l’abattoir de Bitare fait face depuis plus d’une année à une pénurie criante d’eau potable. Les bouchers dénoncent des conditions d’hygiène préoccupantes et réclament la construction d’un abattoir moderne. La commune assure qu’un projet est prévu à Makaba.

À l’abattoir de Bitare, dans la commune de Bugendana, l’accès à l’eau potable est devenu un véritable casse-tête. Depuis plus d’une année, les bouchers et autres usagers de cet abattoir doivent parcourir plusieurs kilomètres pour s’approvisionner en eau, notamment dans des ruisseaux dont la qualité est jugée impropre à la consommation.

« On n’a pas d’eau potable depuis plus d’une année. On doit se rabattre sur l’eau du ruisseau Cogo, une eau qui n’est pas du tout potable, situé à environ deux kilomètres. Pour une vache, on utilise quatre bidons de vingt litres chacun. Cela représente aussi une charge supplémentaire pour ceux qui vont puiser cette eau », déplore Xavier Nahimana, 40 ans, boucher originaire de la colline Kibungo.

Selon lui, la situation est d’autant plus préoccupante que l’abattoir ne dispose même pas de sanitaires adéquats.

« Pire encore, on n’a même pas de sanitaires. Nous craignons d’attraper des maladies liées au manque d’hygiène et aux mains sales », regrette-t-il.

Un approvisionnement devenu coûteux

Les usagers de l’abattoir avaient pourtant une solution. Un robinet raccordé au réseau de la mosquée locale avait été installé, mais il est rapidement tombé en panne.

« On comptait sur un robinet raccordé à partir de la mosquée locale. Mais ce robinet est vite tombé en panne, entraînant immédiatement un grand problème d’approvisionnement en eau. Des fois, on puise de l’eau dans le ruisseau de Gasenyi, situé à trois kilomètres d’ici. Un bidon de vingt litres coûte 1 000 francs burundais », explique Ezechiel Nshimirimana, 25 ans, jeune boucher rencontré sur place.

Cette pénurie n’est pas sans conséquence sur les activités de l’abattoir.

« Le manque d’eau potable perturbe nos activités à l’abattoir et entraîne notamment des retards dans l’abattage des bêtes », déplore le jeune boucher.

Des conditions d’hygiène jugées déplorables

Pour Lucien Mvuyekure, représentant des bouchers de Bitare, le problème dépasse largement la seule question de l’approvisionnement en eau. Il met en avant les risques sanitaires et s’interroge sur les moyens consacrés à l’entretien de l’abattoir, alors que l’activité génère des recettes pour la commune.

« L’hygiène reste toujours déplorable suite au manque d’eau potable. C’est une situation incompréhensible quand on voit les impôts et taxes que nos activités font entrer dans les caisses de la commune de Bugendana », dénonce-t-il.

Il précise que, pour chaque vache abattue, la commune de Bugendana perçoit 40 000 francs burundais, tandis que le vétérinaire reçoit 1 000 francs. Pour une chèvre, la commune perçoit 15 000 francs, contre 1 000 francs pour le vétérinaire.

Un boucher lave et pèse de la viande à l’abattoir de Bitare, dans la commune de Bugendana, province de Gitega, où le manque d’eau potable depuis plus d’une année complique les activités et suscite des inquiétudes sur l’hygiène.©SOS Médias Burundi

D’après le représentant des bouchers, l’abattoir traite quotidiennement d’importants volumes de bétail.

« Nous abattons une cinquantaine de vaches et une centaine de chèvres par jour. Une partie de la viande est vendue dans les villes de Gitega et de Bujumbura, tandis qu’une autre partie est écoulée localement à Bugendana », indique-t-il.

Bujumbura, capitale économique du pays et principale ville du Burundi, est située à plus de 100 kilomètres de Bugendana. Une partie de la viande issue de l’abattoir de Bitare est donc acheminée vers cette importante zone de consommation.

Face à ces difficultés, les bouchers réclament la construction d’un abattoir moderne, doté notamment d’un système d’approvisionnement fiable en eau potable et d’infrastructures sanitaires adaptées.

La commune annonce un projet d’abattoir moderne

Contacté au sujet de cette situation, l’administrateur de la commune de Bugendana, Melchiade Ciza, assure être au courant des difficultés rencontrées à l’abattoir de Bitare.

Selon lui, une solution est déjà envisagée.

« Un terrain de quatre hectares a été disponibilisé à Makaba pour la construction d’un abattoir moderne », fait savoir l’administrateur.

Melchiade Ciza précise que le projet devrait être réalisé dans le cadre du Programme de développement de l’entrepreneuriat rural, avec un financement du Fonds international de développement agricole (FIDA).

En attendant la concrétisation de ce projet, les bouchers de Bitare continuent de travailler dans des conditions qu’ils jugent difficiles, avec un accès limité à l’eau potable et des installations sanitaires insuffisantes.

Pour eux, la modernisation de l’abattoir constitue désormais une urgence, tant pour améliorer les conditions de travail que pour renforcer l’hygiène et la sécurité des consommateurs.

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Photo : un robinet à sec à l’abattoir de Bitare, dans la commune de Bugendana, province de Gitega, où les bouchers font face depuis plus d’une année à une pénurie d’eau potable. ©SOS Médias Burundi

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