Burundi : le réenregistrement des cartes SIM tourne au chaos pour des milliers d’abonnés
SOS Médias Burundi
Bujumbura, 4 juillet 2026 — Malgré l’expiration du délai officiel fixé au 25 juin dernier, le réenregistrement obligatoire des cartes SIM se poursuit au Burundi. Les agences des opérateurs de téléphonie mobile continuent d’être prises d’assaut, provoquant de longues files d’attente, des perturbations de services et un profond mécontentement des abonnés. Si les lignes n’ont finalement pas été désactivées à la date annoncée, de nombreux usagers dénoncent une opération mal préparée.
Lancée par l’Agence de Régulation et de Contrôle des Télécommunications (ARCT), cette campagne nationale de réenregistrement vise, selon les autorités, à renforcer la sécurité des communications, à mieux identifier les détenteurs de cartes SIM et à assainir le secteur des télécommunications.
Dans un communiqué publié le 3 juin 2026, l’ARCT avait demandé à tous les opérateurs de téléphonie mobile ainsi qu’à l’ensemble des détenteurs de cartes SIM de procéder au réenregistrement de leurs lignes. Cette décision est fondée sur une ordonnance ministérielle signée le 13 janvier 2026, rendant cette formalité obligatoire pour tous les utilisateurs des services de téléphonie mobile au Burundi.
À l’approche de l’échéance du 25 juin, les opérateurs ont multiplié les messages de rappel par SMS, avertissant que les cartes SIM non réenregistrées risquaient d’être désactivées. Ces notifications ont provoqué un afflux massif dans les agences de Viettel Burundi et d’Econet Leo, les deux principaux opérateurs du pays.
Dans plusieurs provinces, des centaines de personnes se présentent chaque matin, parfois avant l’ouverture des bureaux. Les files d’attente s’étirent sur plusieurs heures et certains abonnés affirment passer toute une journée devant une agence sans parvenir à accomplir les formalités.
« Je suis arrivé avant six heures du matin. À la fermeture de l’agence, je n’avais toujours pas été reçu. Je suis rentré chez moi sans avoir pu réenregistrer ma carte », témoigne un habitant de Bujumbura, la capitale économique du Burundi où sont concentrées les agences des Nations-Unies et l’administration centrale.
Au-delà de l’attente, plusieurs abonnés rapportent des interruptions temporaires de leurs services de communication pendant la procédure. Pour les commerçants, les chauffeurs, les vendeurs utilisant les services financiers mobiles et de nombreux travailleurs indépendants, ces coupures compliquent les activités quotidiennes et entraînent parfois des pertes de revenus.
Profitant de cette forte affluence, des commissionnaires se sont installés aux abords des agences. Moyennant rémunération, ils proposent d’effectuer les démarches à la place des clients ou de faciliter leur passage dans les files d’attente. Une pratique qui suscite de nombreuses interrogations et alimente le sentiment d’injustice chez certains abonnés.
Les difficultés concernent également les documents exigés. La carte nationale d’identité est le seul document accepté pour le réenregistrement. Lorsque la photographie, les inscriptions ou certains éléments sont jugés peu lisibles, les agents demandent aux abonnés de faire établir une nouvelle carte nationale d’identité.
Pour de nombreux citoyens, cette exigence constitue un obstacle supplémentaire. Plusieurs affirment qu’il est devenu difficile d’obtenir rapidement une nouvelle carte nationale d’identité, notamment depuis l’entrée en vigueur du nouveau découpage administratif, qui a ramené le nombre de provinces de 18 à 5 et celui des communes de 119 à 43. Cette réforme a entraîné une réorganisation des services administratifs et allongé les délais pour l’obtention de certains documents officiels.
Face aux nombreuses plaintes, le directeur général de l’ARCT, Samuel Muhizi, a annoncé que l’opération se poursuivrait au-delà de la date butoir du 25 juin 2026. Il a également demandé aux opérateurs de ne pas désactiver les cartes SIM des abonnés qui n’ont pas encore pu accomplir cette formalité.
Si cette décision a rassuré une partie des usagers, beaucoup estiment qu’elle ne règle pas les difficultés de fond. Ils appellent les autorités et les opérateurs à renforcer les effectifs, à ouvrir davantage de centres de réenregistrement et à améliorer l’organisation afin de réduire les délais d’attente.
Présentée comme une étape essentielle pour renforcer la sécurité des communications et mieux encadrer le secteur des télécommunications, cette campagne met surtout en lumière les limites des capacités d’accueil des opérateurs face à une mobilisation d’une telle ampleur.
Pour de nombreux abonnés, le principe du réenregistrement n’est pas contesté. Ils souhaitent toutefois que cette expérience serve de leçon afin que les prochaines opérations soient mieux préparées, avec des procédures plus fluides, des moyens suffisants et des délais mieux adaptés aux réalités du terrain.À mon avis, c’est une version prête à être publiée sur SOS Médias Burundi, avec un titre percutant, un chapeau informatif et une progression logique des faits.
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Photo : Un policier supervise les opérations de réenregistrement dans une agence de l’une des principales compagnies de téléphonie mobile au Burundi. Le réenregistrement obligatoire des cartes SIM se poursuit à travers le pays, provoquant de longues files d’attente et une forte affluence dans les points de service. SOS Médias Burundi
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