À Bujumbura, le kiswahili s’impose comme une langue d’avenir à l’ère de l’intelligence artificielle
SOS Médias Burundi
Bujumbura, 8 juillet 2026 — Du 5 au 7 juillet 2026, la capitale économique du Burundi a accueilli la 7ᵉ Conférence internationale sur la promotion du kiswahili. Réunissant des experts, des responsables gouvernementaux, des universitaires et des partenaires de la région, cette rencontre a mis en lumière le rôle croissant de cette langue dans l’intégration régionale, l’éducation, le commerce et les nouvelles technologies. Les participants ont notamment plaidé pour une meilleure exploitation des opportunités offertes par l’intelligence artificielle (IA) afin d’accélérer le rayonnement du kiswahili en Afrique et dans le monde.
Organisée par la Commission du kiswahili de la Communauté d’Afrique de l’Est (KAKAMA), la conférence s’est penchée sur les stratégies susceptibles de renforcer l’utilisation du kiswahili à l’heure où les outils numériques et l’intelligence artificielle transforment les modes de communication et d’apprentissage.
La Secrétaire exécutive de la KAKAMA, Caroline Asiimwe, a expliqué que les travaux avaient porté sur les moyens d’intégrer davantage le kiswahili dans les plateformes numériques, les applications d’intelligence artificielle, la recherche et les systèmes éducatifs. Selon elle, cette évolution est indispensable pour permettre à la langue de conserver toute sa place dans un monde de plus en plus dominé par les technologies.
La Directrice générale chargée de la culture au ministère burundais de la Jeunesse, des Sports et de la Culture, Aline Munyaneza, a rappelé que les États membres de la Communauté d’Afrique de l’Est avaient fait du kiswahili une langue prioritaire. Elle a souligné que le Burundi avait déjà intégré son enseignement à tous les niveaux du système éducatif, de l’école fondamentale jusqu’à l’université.
Une langue africaine au rayonnement international
Né il y a plusieurs siècles sur les côtes de l’océan Indien, principalement dans les actuels Kenya et Tanzanie, le kiswahili est une langue bantoue qui s’est développée grâce aux échanges commerciaux entre les peuples africains, arabes et asiatiques. Au fil du temps, elle est devenue l’une des langues les plus influentes du continent.
Aujourd’hui, entre 200 et 250 millions de personnes utilisent le kiswahili comme langue maternelle ou seconde langue. Il est parlé dans une quinzaine de pays, notamment en Tanzanie, au Kenya, en Ouganda, au Burundi, en République démocratique du Congo, au Rwanda, aux Comores, au Mozambique, en Zambie et au Malawi.
Le kiswahili est langue officielle de plusieurs pays ainsi que de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), de l’Union africaine et de la Communauté de développement de l’Afrique australe. Depuis 2021, l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture célèbre chaque 7 juillet la Journée mondiale du kiswahili, faisant de cette langue la première langue africaine à bénéficier d’une journée internationale reconnue par les Nations unies.
Changer les mentalités
Les participants ont toutefois reconnu que plusieurs obstacles continuaient de freiner la progression du kiswahili. Ils ont regretté que cette langue soit encore associée, dans certains milieux, aux personnes peu instruites ou aux conducteurs de camions et de bus assurant le transport des marchandises et des voyageurs.
Pour les intervenants, ces préjugés ne correspondent plus à la réalité. Ils ont appelé les gouvernements, les établissements scolaires, les médias et les acteurs culturels à intensifier les campagnes de sensibilisation afin de mieux faire connaître les atouts du kiswahili comme langue de communication, d’innovation, de commerce, de diplomatie, de culture et d’intégration régionale.
Le Burundi cité en exemple
Au cours des échanges, plusieurs participants ont salué les progrès réalisés par le Burundi dans la promotion du kiswahili. Ils ont notamment relevé que le pays figure parmi ceux où cette langue est largement utilisée dans les médias, en plus de son intégration progressive dans le système éducatif et l’administration.
Selon eux, cette dynamique contribue à renforcer les échanges avec les autres pays de la région et favorise une meilleure intégration du Burundi au sein de la Communauté d’Afrique de l’Est.
Les participants ont également rappelé que les langues constituent un puissant facteur de rapprochement entre les peuples. Elles facilitent la compréhension mutuelle, les échanges économiques, la coopération et la consolidation de la paix entre les nations.
Rendez-vous en 2028 en RDC
À la clôture des travaux, Caroline Asiimwe a annoncé que la 8ᵉ Conférence internationale sur la promotion du kiswahili se tiendrait en 2028 en République démocratique du Congo.
La conférence s’est achevée le 7 juillet 2026 avec la célébration, pour la cinquième fois, de la Journée mondiale du kiswahili. Instituée par l’UNESCO, cette journée vise à promouvoir une langue devenue un symbole de l’unité africaine et de l’intégration régionale.
À l’heure où l’intelligence artificielle transforme profondément la production et le partage des connaissances, les participants ont estimé que le kiswahili disposait d’une occasion historique pour renforcer sa place parmi les grandes langues de communication internationales.
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Photo : Des fidèles musulmans lors d’une prière organisée en marge de la fête du mouton dans la capitale politique Gitega, le 28 juin 2023. Au Burundi, la communauté musulmane figure parmi les principaux groupes qui utilisent le kiswahili, une langue largement parlée dans les échanges commerciaux et sociaux. © SOS Médias Burundi
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