Villes sales, déchets et manque de suivi : le gouvernement met les autorités locales sous pression

Villes sales, déchets et manque de suivi : le gouvernement met les autorités locales sous pression

SOS Médias Burundi

Bujumbura, 21 juillet 2026 — Face aux difficultés persistantes en matière d’hygiène et d’assainissement, le gouvernement burundais hausse le ton contre certaines autorités administratives locales accusées de ne pas assurer le suivi nécessaire des mesures de propreté. Des contrôles hebdomadaires seront instaurés pour veiller au respect des directives.

Le Conseil des ministres tenu le vendredi 17 juillet 2026 a exprimé son inquiétude face au manque d’implication de certaines autorités administratives à la base dans la mise en œuvre des mesures d’hygiène et d’assainissement, dans le cadre du thème 2026 de l’Union africaine : « Assurer la disponibilité durable de l’eau et des systèmes d’assainissement pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2063 ».

Adopté en 2015 par l’Union africaine, l’Agenda 2063 constitue le cadre stratégique de développement à long terme du continent africain. Il vise à faire de l’Afrique « une Afrique intégrée, prospère et pacifique », en mettant notamment l’accent sur l’amélioration des conditions de vie des populations, le développement durable, la bonne gouvernance, la paix et la sécurité.

Dans le secteur de l’eau et de l’assainissement, cet agenda ambitionne de favoriser un accès durable des populations aux services essentiels, d’améliorer la gestion des ressources en eau et de renforcer les infrastructures sanitaires afin de lutter contre les maladies liées au manque d’hygiène.

Présentant le compte rendu du Conseil des ministres, le secrétaire général et porte-parole du gouvernement, Jérôme Niyonzima, a annoncé qu’une journée par semaine sera désormais consacrée au contrôle du respect des mesures d’hygiène et d’assainissement.

Il a également appelé les sociétés chargées de la collecte des déchets ménagers à mieux accomplir leurs missions afin de contribuer à la propreté du pays.

La gouverneure de la province de Buhumuza remet un procès-verbal infligeant une amende de 300 000 francs burundais à un habitant pour ne pas avoir respecté l’obligation de paver l’espace privé donnant accès à la route nationale. Cette mesure s’inscrit dans le cadre des actions visant à renforcer l’assainissement et l’aménagement des abords des routes. © SOS Médias Burundi

Les responsables locaux accusés de manque de suivi

Selon Jérôme Niyonzima, les ministères concernés se sont globalement bien acquittés des activités liées à cette campagne. Toutefois, il a déploré l’insuffisance d’implication des administrateurs communaux, des chefs de zones, des chefs de quartiers et des chefs de collines dans le suivi des mesures arrêtées.

Le porte-parole du gouvernement a également indiqué que certains services de l’État n’ont pas maintenu le rythme attendu en matière d’hygiène et d’assainissement, notamment le long des axes routiers.

Des contrôles hebdomadaires et des sanctions annoncés

Le Conseil des ministres recommande aux responsables administratifs locaux de renforcer la mise en œuvre de l’ordonnance relative à l’hygiène et à l’assainissement.

Une journée hebdomadaire de contrôle devra être fixée et portée à la connaissance de la population. Elle devra également permettre l’application des sanctions prévues contre les personnes qui ne respectent pas les mesures en vigueur.

Les services publics accusant un retard dans ce domaine devront être sensibilisés afin de se conformer rapidement aux exigences en matière de propreté.

Concernant la gestion des déchets ménagers, le gouvernement demande aux sociétés chargées de leur collecte de mieux s’organiser, notamment en évitant les situations de conflits d’intérêts observées dans certaines d’entre elles.

Le défi du modèle rwandais

La volonté affichée par le gouvernement burundais de rendre propres les villes, les centres urbains et les principaux axes routiers rappelle les efforts entrepris par le Rwanda voisin en matière de salubrité publique.

Toutefois, plusieurs défis restent à relever, notamment l’état de certaines infrastructures routières, les difficultés de suivi au niveau local et la gestion des déchets.

Alors que le Rwanda est souvent cité comme un exemple régional en matière de propreté urbaine, le Burundi devra démontrer sa capacité à traduire ses annonces en actions concrètes sur le terrain.

« Le gouvernement burundais réussira-t-il son pari de rendre le pays propre à l’instar du Rwanda ? Wait and see », s’interroge un expert en environnement et assainissement.

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Photo : Des agents de santé procèdent à la pulvérisation de l’intérieur et de l’extérieur des ménages à Buterere, au nord de Bujumbura, une zone fortement exposée au paludisme et au choléra. Dans cette partie de la ville, les habitants font face à une pénurie persistante d’eau potable, aggravant les risques sanitaires et la propagation des maladies hydriques. Le gouvernement burundais a annoncé le renforcement des mesures d’hygiène et d’assainissement pour lutter contre les maladies liées à l’insalubrité. © SOS Médias Burundi

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