Muramvya : trois détenus morts, une épidémie frappe une prison huit fois surpeuplée
SOS Médias Burundi
Muramvya, 2 septembre 2026 — Une épidémie dont la nature a d’abord suscité l’inquiétude frappe depuis le début du mois d’août la prison centrale de Muramvya, en province de Gitega, au centre du Burundi. Plusieurs détenus souffrent notamment de fortes fièvres et de diarrhées persistantes. Trois prisonniers sont morts et plus d’une trentaine auraient été touchés.
Selon un témoin contacté par SOS Médias Burundi, la maladie s’est propagée parmi les détenus depuis le début du mois d’août. Plusieurs prisonniers ont dû être transférés à l’hôpital de Muramvya pour y recevoir des soins.
La situation sanitaire est d’autant plus préoccupante que le centre de santé de la prison ne dispose pas de laboratoire permettant d’effectuer les examens nécessaires pour déterminer rapidement l’origine des symptômes. À cela s’ajouterait un manque de médicaments essentiels.
Selon les informations recueillies, certains détenus hospitalisés auraient même été contraints d’acheter eux-mêmes, dans des pharmacies, les médicaments qui leur étaient prescrits.
Trois détenus ont succombé après avoir présenté ces symptômes. Il s’agit de Frank Mananzigama, Viateur Hatungimana et Égide Icishatse.
Le ministère de la Santé mobilisé
Face à la situation, une équipe du ministère de la Santé s’est rendue à la prison centrale de Muramvya. Des prélèvements ont été effectués afin d’identifier l’origine des symptômes observés chez les détenus.
Cette intervention intervient alors que la promiscuité dans la prison fait craindre une propagation rapide de toute maladie contagieuse.
Une prison huit fois plus peuplée que sa capacité
Construite en 1948, la prison centrale de Muramvya avait été conçue pour accueillir environ 100 détenus. Elle en abrite aujourd’hui 836, soit plus de huit fois sa capacité initiale.
Cette forte surpopulation entraîne une promiscuité importante entre les détenus et complique davantage la prise en charge des malades.
Les conditions de vie sont également aggravées par les difficultés d’approvisionnement alimentaire. La ration quotidienne prévue pour les détenus comprend notamment 350 grammes de farine par personne.
Depuis le début de cette semaine, les 836 détenus de la prison centrale de Muramvya ne recevraient toutefois plus leur ration quotidienne de haricots, en raison d’une rupture de stock liée aux fournisseurs, selon les informations recueillies.
Le directeur parle finalement de paludisme
Jean Paul Niyongabo, directeur de la prison centrale de Muramvya, affirme que les analyses effectuées par l’équipe du ministère de la Santé ont permis d’identifier la maladie : il s’agirait d’une épidémie de paludisme, avec des complications chez certains détenus.
Selon lui, la situation sanitaire a depuis évolué favorablement. Trois détenus seraient encore hospitalisés à l’hôpital de Muramvya, tandis que les autres prisonniers admis pour des soins auraient pu regagner la prison après leur guérison.
Malgré cette évolution jugée favorable par la direction, la surpopulation, les difficultés d’accès aux soins et les problèmes d’approvisionnement alimentaire continuent de susciter des inquiétudes sur les conditions de vie des détenus de la prison centrale de Muramvya.
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Photo : Un homme regarde le drapeau hissé dans la cour intérieure de la prison centrale de Muramvya, dans la province de Gitega, au centre du Burundi. Une épidémie ayant touché plusieurs dizaines de détenus y a fait trois morts depuis le début du mois d’août. © SOS Médias Burundi
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