Face à la baisse de l’aide, 907 réfugiés de Musasa et Kinama tentent de gagner leur autonomie
SOS Médias Burundi
Muyinga, 2 septembre 2026 — Alors que l’aide humanitaire se réduit et que les besoins restent importants, 907 ménages réfugiés des camps de Musasa, en province de Butanyerera, au nord du Burundi, et de Kinama, en province de Buhumuza, à l’est du pays, commencent à recevoir un capital destiné à lancer des activités génératrices de revenus. L’objectif est de permettre à ces familles de disposer progressivement d’une source de revenus et de dépendre moins de l’assistance humanitaire.
Chaque ménage bénéficiaire reçoit 585 500 francs burundais, soit environ 200 dollars selon le taux de la Banque de la République du Burundi (BRB). Le financement est assuré par la Banque mondiale, à travers le Programme alimentaire mondial (PAM).
Un appui pour passer de l’aide à l’autonomie
Les bénéficiaires font déjà partie du programme Merankabandi, un dispositif d’assistance sociale qui apporte un soutien financier régulier aux ménages vulnérables. Dans les deux camps, les familles concernées reçoivent 72 000 francs burundais tous les deux mois, une aide destinée notamment à leur permettre de couvrir leurs besoins essentiels.
Le nouveau financement doit permettre à ces ménages d’utiliser une partie de cet appui sous une autre forme, en investissant dans des activités susceptibles de générer des revenus.
Avant de recevoir les fonds, les bénéficiaires ont été accompagnés dans l’élaboration de plans d’affaires. Ceux-ci ont ensuite été évalués et validés.
L’agriculture et l’élevage en priorité
Pour cette première vague, le financement est principalement destiné aux activités liées à l’agriculture et à l’élevage.
À Musasa, 505 bénéficiaires sont concernés, contre 402 à Kinama, soit un total de 907 ménages.
D’autres secteurs d’activités devraient être pris en compte lors des prochaines vagues de financement.
L’initiative vise ainsi à transformer l’aide en capital productif, afin de permettre aux familles de développer de petites activités et de disposer, à terme, de revenus plus réguliers.

Des hommes dans un centre de négoce situé non loin du camp de Musasa, dans la province de Butanyerera, au nord du Burundi, où certains réfugiés se rendent pour acheter des produits de première nécessité ou exercer de petites activités commerciales. © SOS Médias Burundi
« Un espoir de moins dépendre de l’aide »
Pour Mutumaini, une bénéficiaire, les transferts de Merankabandi permettent déjà à sa famille de traverser les périodes difficiles.
« Les 72 000 francs nous aident beaucoup lorsque la situation devient difficile, notamment lorsque la ration alimentaire n’est pas encore arrivée », explique-t-elle.
Le nouveau financement représente, selon elle, une possibilité de démarrer une petite activité et de réduire progressivement sa dépendance à l’aide humanitaire.
Kwizera, un autre bénéficiaire, estime toutefois que le contexte rend cette initiative particulièrement importante.
Avec la diminution de certaines formes d’assistance, explique-t-il, certaines familles pourraient être tentées d’utiliser une partie du capital pour répondre à des besoins alimentaires immédiats lorsque les rations ou d’autres aides tardent à arriver.
Il estime donc nécessaire que les bénéficiaires soient suffisamment accompagnés afin que les fonds puissent réellement servir à développer des activités capables de générer des revenus.
Plus de 17 000 réfugiés dans les deux camps
Les camps de Musasa et Kinama accueillent ensemble plus de 17 000 réfugiés. Certains y vivent depuis plus de vingt ans.
Près de 2 000 ménages des deux camps bénéficient actuellement des transferts monétaires du programme Merankabandi, versés tous les deux mois.
Pour les acteurs du programme, ce nouveau financement doit permettre de franchir une étape supplémentaire : passer progressivement d’une assistance destinée à répondre aux besoins immédiats à un soutien permettant aux réfugiés de développer leurs propres moyens de subsistance.
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Photo : Dans une cuisine communautaire du camp de Kinama, dans la province de Buhumuza, à l’est du Burundi, des réfugiés congolais s’organisent pour préparer les repas quotidiens. Alors que l’aide humanitaire se réduit, 907 ménages des camps de Kinama et de Musasa commencent à recevoir un financement destiné à lancer des activités génératrices de revenus. © SOS Médias Burundi
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