Gitega : plus de 1 000 élèves, 40 ordinateurs et des internes contraints de dormir au sol
SOS Médias Burundi
Gitega, 28 septembre 2026— Deux semaines après la rentrée scolaire, le Lycée Technique Christ Roi de Mushasha, à Gitega, la capitale politique du Burundi, fait face à plusieurs difficultés qui affectent les conditions d’apprentissage et de vie des élèves. Plus de 1 000 élèves, seulement 40 ordinateurs, un déficit d’enseignants, des classes pouvant compter jusqu’à 140 élèves et des internes contraints, pour certains, de dormir à même le sol : la direction de l’établissement appelle à des mesures pour répondre à ces besoins.
Un ordinateur pour environ six élèves
L’établissement dispose actuellement de 40 ordinateurs pour plus de 1 000 élèves. Pendant les cours pratiques d’informatique, environ six élèves doivent ainsi se partager un seul ordinateur.
Selon l’abbé Remegie Barutwanayo, directeur du Lycée Technique Christ Roi de Mushasha, cette situation réduit les possibilités de pratique individuelle et affecte la qualité de l’enseignement.
À cette insuffisance de matériel s’ajoute un déficit en personnel enseignant. La direction indique avoir besoin de quatre enseignants supplémentaires, notamment pour assurer les cours d’informatique et d’électronique.
L’encadrement des élèves constitue également un défi. L’établissement réclame quatre encadreurs de discipline supplémentaires afin de renforcer la supervision des élèves au sein du lycée.
Des classes de 100 à 140 élèves
Le manque de ressources pédagogiques concerne également les manuels scolaires. L’établissement fait notamment face à une insuffisance de livres de mathématiques, de français et d’anglais, alors que les effectifs restent particulièrement élevés.
Dans certaines salles de classe, le nombre d’élèves varie entre 100 et 140. De tels effectifs compliquent le suivi individuel des élèves et les conditions normales d’apprentissage.
Des élèves contraints de dormir à même le sol
Les difficultés ne se limitent pas aux salles de classe. Les conditions d’hébergement des élèves internes sont également préoccupantes.
Selon la direction, certains élèves sont contraints de dormir à même le sol, faute de lits et de matelas en nombre suffisant. Pour améliorer les conditions de vie des pensionnaires, l’établissement estime avoir besoin de 200 matelas et de 50 lits superposables.
Le lycée accueille plus de 1 000 élèves internes, ce qui accentue les besoins en équipements et en infrastructures.
Pas de véhicule pour assurer l’approvisionnement
L’établissement est également confronté à un problème logistique : l’absence de véhicule.
Cette situation complique notamment l’approvisionnement du lycée en vivres et en eau potable, alors que l’établissement doit assurer quotidiennement les besoins de plus d’un millier d’élèves internes.
Un appel au ministère de l’Éducation
Face à l’ensemble de ces difficultés, l’abbé Remegie Barutwanayo lance un appel au ministère de l’Éducation nationale et de la Recherche scientifique afin que des solutions soient apportées aux différents besoins de l’établissement.
La direction souhaite notamment le renforcement du personnel enseignant et d’encadrement, l’augmentation du matériel informatique et des manuels scolaires ainsi que l’amélioration des conditions d’hébergement et des moyens logistiques.
Une situation qui dépasse Mushasha
La situation n’est pas isolée. À l’échelle nationale, plusieurs établissements scolaires burundais font face à d’importants besoins en personnel enseignant et en équipements, alors que les effectifs scolaires restent élevés.
Pour l’année scolaire 2026-2027, les directions provinciales de l’éducation ont exprimé un besoin de 14 330 enseignants. Le gouvernement a toutefois prévu d’en recruter 5 000, dans la limite des moyens budgétaires disponibles, laissant un écart de 9 330 enseignants entre les besoins exprimés et les recrutements autorisés.
Le ministère de l’Éducation nationale et de la Recherche scientifique a également annoncé que ces 5 000 recrutements devraient contribuer à réduire le recours aux enseignants bénévoles. Le recrutement porte sur différents niveaux de qualification, notamment 995 enseignants de niveau D6, 2 538 de niveau D7, 22 de niveau A2 et 1 445 enseignants de niveau universitaire.
Au Lycée Technique Christ Roi de Mushasha, la direction espère que les mesures annoncées permettront également de répondre aux besoins spécifiques de l’établissement, notamment en enseignants, en matériel pédagogique, en équipements informatiques et en infrastructures destinées aux élèves internes.
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Photo : des élèves dans la cour intérieure du Lycée Technique Christ Roi de Mushasha, à Gitega. La direction de l’établissement alerte notamment sur le manque d’enseignants, de matériel informatique et de lits pour les élèves internes. © SOS Médias Burundi
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