Huit réfugiés burundais bloqués à l’aéroport de Nairobi

Huit réfugiés burundais bloqués à l’aéroport de Nairobi

Il s’agit de trois hommes, trois femmes et deux enfants. Tous sont des réfugiés burundais qui se rendaient à Paris, la capitale française vendredi dernier. L’ambassade de France au Kenya dit s’être saisie du cas. (SOS Médias Burundi)

Les huit réfugiés burundais devraient prendre un vol à l’aéroport Jomo Kenyatta à minuit. Ils n’ont pas pu continuer leur voyage.

La compagnie Kenya Airways leur a indiqué que les documents dont ils disposent ne leur permettent pas d’aller en France.
« Arrivés à l’aéroport de Nairobi on nous a dit que nos documents ne sont pas vrais c’est-à-dire nos passeports, cartes de résidence et titres de séjour ne nous permettent pas de nous rendre en France », a indiqué à SOS Médias Burundi une Burundaise bloquée dans la capitale du Kenya.
Et de déplorer « Ça nous a beaucoup choqué car rien ne montre qu’il s’agit de faux documents. Ils n’ont fourni aucune explication disant que c’est une affaire privée. Ce qui est plus déplorable nous dormons à même le sol, nous n’avons rien à donner à nos enfants pour manger et pire encore, hier ils nous ont frappés alors que nous réclamions nos droits ».

Cet autre Burundais affirme qu’ils ont été malmenés.
« Ce qui est surprenant, ils nous ont dit depuis hier qu’ils doivent nous déporter vers Mayotte. Je leur ai dit que nous ne pouvons pas l’accepter sans qu’il y ait des preuves délivrées par l’ambassade comme ils le prétendent. Ils nous ont malmenés, lancés des injures », regrette-t-il.

Depuis leur arrivée, les huit réfugiés burundais disent être menacés par des employés de Kenya Airways.
« Et d’ailleurs nous ne comprenons pas pourquoi vous Burundais êtes allés chercher asile en France. Ce sont des salariés de Kenya Airways qui ne cessent de nous injurier, nous malmener , nous menacer. Ce mercredi, ils ont même frappé une femme qui allait demander du lait pour son bébé », raconte-t-il avant de demander à l’ambassade de France d’intervenir ainsi que des organisations de défense de droits humains.

L’ambassade de France à Nairobi a dit à SOS Médias Burundi sur téléphone qu’elle a déjà parlé avec le sous préfet de Mayotte pour qu’il soit en contact avec la compagnie kényane au sujet de cette affaire.

Mais Allan Kilavuka, directeur général de Kenya Airways a a affirmé ne pas être au courant de « ce cas » et de n’avoir pas encore parlé avec les autorités de « l’île aux parfums ».

Les six adultes du groupe ont fui le Burundi en 2015 suite à la crise déclenchée par un autre mandat controversé de feu président Pierre Nkurunziza.

Mayotte a accueilli plusieurs réfugiés burundais au cours des cinq dernières années.
Ce jeudi, des représentants de la police kényane ont menacé de refouler ces individus demain si aucune solution n’est dégagée.

_____________

Photo: le groupe de huit individus dorment dans une salle de l’aéroport de Nairobi

Previous Rutana: un cadre du service national de renseignements détenu depuis mardi
Next Musigati (Bubanza) : plus de 120 élèves atteints de paludisme

You might also like

Réfugiés

Mahama (Rwanda) : une prétendue double nationalité qui met plusieurs réfugiés burundais dans l’impasse

Au camp de réfugiés de Mahama, plus de cent demandeurs d’asile burundais détiennent une carte d’identité rwandaise, ce qui leur confère d’office la nationalité de ce pays. Nombre d’entre eux

Réfugiés

Nduta (Tanzanie) : des inquiétudes persistent après plus d’un mois et demie sans nouvelle de huit réfugiés « disparus »

Les familles des huit réfugiés burundais enlevés et conduits dans un lieu tenu secret il y a plus d’un mois, s’inquiètent de leur sécurité. Dans l’entre-temps, les conséquences néfastes s’observent

Réfugiés

Tanzanie : des anciens leaders des réfugiés du camp de Mtendeli intimidés à Nduta

Des menaces ont été proférées par le président du camp de Nduta, des agents de la police ainsi que des jeunes gardiens de la paix. Les anciens leaders des réfugiés