Burundi : plus de 360 personnes tuées en moins de onze mois selon les organisations de défense des droits humains
À l’occasion de la célébration de la journée dédiée aux droits humains, édition 2020, plusieurs organisations burundaises de la société civile en exil dressent un bilan largement négatif au cours de ces derniers mois. Plus de 360 personnes assassinées et plus de 800 arrestations arbitraires et des dizaines de disparitions forcées selon leur rapport. Cette lecture de la situation des droits de l’homme n’est pas bien appréciée par les organisations de défense des droits humains qui sont dans le pays. (SOS Médias Burundi)
Il s’agit de l’année la plus sombre pour les droits humains au Burundi selon quinze organisations de la société civile qui se disent indépendantes.
“Au cours de l’année 2020, nos organisations de la société civile ont documenté 368 personnes qui ont été assassinées dans des circonstances différentes, 59 cas d’enlèvement suivis parfois d’assassinat, 821 arrestations arbitraires et 33 femmes et filles violées”, détaille un rapport rendu public ce jeudi.
Et de signaler que “la majorité des abus ont été commis tout juste après la mise en place de nouvelles institutions, les victimes étant pour la plupart des militants du CNL ». Elles en appellent au gouvernement du Burundi de “traduire en justice les auteurs identifiés souvent comme étant des Imbonerakure, certains administratifs, des agents du SNR, de la police et de l’armée”.
Les organisations basées au Burundi n’ont pas caché leur indignation face aux allégations.
La paix et la sécurité règnent sur tout le territoire national, le Burundi n’est plus sur l’Agenda du conseil de sécurité des Nations Unies, les élections de 2020 ont été crédibles, les réfugiés qui avaient fui des rumeurs rentrent en masse, tels sont les signes éloquents qui montrent que les droits humains sont respectés.
Gérard Hakizimana, président de Folucon F, une organisation qui lutte contre la corruption et le népotisme au Burundi.
Il estime que “ces gens travaillent pour le compte de ceux qui ne veulent pas accéder au pouvoir par la voie des urnes”.
Pour leur part, les indexés rejettent en bloc de telles accusations.
Nous, nous sommes du côté de la vérité et de l’État de droit. Et notre travail est de montrer au gouvernement ce qui ne va pas. Nous savons que même ceux là qui nous critiquent, si demain ils sont malmenés, ils viendront vers nos organisations pour faire entendre leur situation
Eulalie Nibizi, directrice exécutive de la Coalition burundaise des défenseurs des droits humains, CBDDH.
Selon M. Hakizimana, ces rapports sont “mensongers” et finissent par “violer les droits des citoyens burundais qui vaquent paisiblement à leurs activités”.
Le thème choisi pour cette année par l’ONU est lié à la pandémie de COVID-19. La particularité a été accordée à la nécessité de reconstruire en mieux, en veillant à ce que les droits de l’homme soient au cœur des efforts de relèvement.
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Photo : un homme arrêté lors des manifestations en 2015, à Bujumbura. © REUTERS/Jean Pierre Aime Harerimama
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