Bujumbura : un simple désengagement qui aboutit à la détention

Bujumbura : un simple désengagement qui aboutit à la détention

Jean Bosco Niyubahwe, enseignant à l’école fondamentale de Rugoma (commune et province de Kayanza, nord du Burundi) est détenu dans le cachot du quartier général de la police judiciaire dans la capitale économique Bujumbura depuis vendredi dernier. Il a été interpellé au moment où il allait se désengager de la fondation pour le logement des enseignants (FLE). Elle est gérée par la confédération des syndicats des enseignants pour la solidarité nationale (Cossessona). Ses collègues dénoncent une arrestation « arbitraire » qui viole le droit « d’association syndicale ». Ils exigent sa libération. (SOS Médias Burundi)

Selon des sources proches du dossier, l’ordre d’arrêter l’enseignant a été donné par le représentant national de la Cossessona.

« C’est vraiment injuste ce qui s’est déroulé! Tout individu y compris un enseignant à le droit d’appartenir à un syndicat de son choix ou se retirer », regrettent des anciens affiliés de la confédération.

Ils affirment que plusieurs autres enseignants se sont désengagés du fonds ces derniers jours.

Et d’ajouter:  » les responsables de Cossessona ont pris des mesures qui vont à l’encontre de nos intérêts sans notre consentement « .

C’est la police qui a procédé à l’interpellation de M. Niyubahwe, selon des témoins oculaires de la scène d’arrestation.

Ses proches disent qu’il n’a pas droit aux visites.

Une confédération hors normes

Depuis sa création en 2019, les enseignants ont été forcés d’adhérer à la Cossessona. Ses responsables ont ordonné un retrait mensuel de 500 francs burundais sur le salaire de chaque affilié pour financer la fondation pour le logement des enseignants. Une décision qui a été décriée par les concernés.

Selon nos sources, des représentants de la confédération collaborent avec certains cadres de la police et des renseignements pour intimider des membres qui dénoncent les irrégularités.

Détention abusive

L’enseignant a été privé du droit d’être assisté par un avocat, en plus de celui de recevoir des visites.

« C’est une aberration dans le milieu syndical censé défendre les droits des salariés » regrettent ses collègues.

Depuis le début de cette année, des leaders syndicaux dans les provinces ont été arrêtés pour s’être opposés à ce qu’ils qualifiaient de « malversations ».
D’autres ont été mutés loin de leur famille. La commission nationale en charge des droits de l’homme a dû intervenir pour faire libérer ceux qui avaient été appréhendés.

Victor Ndabaniwe, responsable national de la Cossessona et président du conseil d’administration de la FLE n’a pas voulu s’exprimer sur l’affaire.

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Photo : une vue de la ville de Bujumbura

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