Burundi-CPI: La société civile et les journalistes main dans la main au chevet des victimes des crimes contre l’humanité au Burundi
La Coalition Burundaise pour la Cour Pénale Internationale (CB-CPI) et le Réseau des Journalistes Burundais pour la Cour Pénale Internationale (RJB-CPI) ont lancé ce mardi 12 novembre une campagne conjointe en faveur des victimes des crimes commis au Burundi qui relèvent de la compétence de la CPI. (SOS Médias Burundi)
Deux ans après l’ouverture des enquêtes de la Cour Pénale Internationale sur le Burundi, la société civile et les journalistes ont décidé de lancer une campagne de sensibilisation des victimes sur les crimes commis au Burundi qui relèvent de la compétence cette Cour. Deux réseaux à savoir la Coalition Burundaise pour la Cour Pénale Internationale (CB-CPI) et le Réseau des Journalistes Burundais pour la Cour Pénale Internationale (RJB-CPI) veulent sensibiliser ces victimes sur leurs droits et devoirs devant la CPI.
Selon maitre Lambert Nigarura, “cette campagne vise à faire comprendre aux victimes leurs droits et devoirs, leur rôle, leur place et leur contribution dans la manifestation de la vérité une fois que les procédures pénales sont engagées car ce sont elles qui ont vu, vécu et subi le calvaire, la torture et la mort”.
Ces deux coalitions indiquent que durant cette campagne, ces victimes seront aussi sensibilisées sur les règles de jeu de la CPI.
“Nous allons leur informer sur les lois régissant la Cour mais aussi sur la protection des victimes et des témoins et sur comment saisir la cour. Après cela, elles choisiront si elles veulent participer personnellement ou se faire représenter aux procédures” a fait savoir Maitre Lambert Nigarura de la CB-CPI.
La campagne se veut aussi rassurante quant aux attentes des victimes. “Les victimes et leurs familles se demandent quelle est la prochaine étape. C’est normal car ce sont elles qui portent le lourd fardeau de ces atrocités. Donc elles ont d’abord besoin d’être sensibilisées par rapport à leur protection” a-t-il ajouté.
Après cette campagne, ces activistes pour la cause de la justice pénale internationale veulent aider les victimes à constituer une association qui les réunit. “Cette association pourra sans doute les aider à porter loin leur voix, rester en contact avec le bureau du procureur et de la greffe, échanger des expériences avec d’autres coalitions des victimes comme celles de la Côte d’Ivoire et de la Centrafrique et par après constituer un Réseau au niveau de l’Afrique” disent-ils.
Contactées, certaines victimes se disent satisfaites de cette campagne. “Cette campagne vient à point nommé. Nous osons espérer qu’elle va nous aider à avoir une justice que nous avons manquée au Burundi car dans ce pays, elle n’est pas indépendante. Imaginez que depuis la crise aucune procédure n’a été engagée pour des crimes commis et même pas d’enquêtes indépendantes. Nous sommes prêts à collaborer avec la CPI pour que nos bourreaux soient punis conformément à la loi” ont-elles souligné.
Le collectif des avocats qui ont aidé ces victimes à porter plaintes et apporter des communications nécessaires devant la CPI rassure que le processus normal est en cours. “Nous avons déjà déposé plus de 1600 dossiers et des communications y relatives. Il y a aussi d’autres dossiers déposés par nos confrères du CAVIB (collectif des avocats pour la défense des victimes des crimes de droit international commis au Burundi) ainsi que d’autres sur lesquels nous travaillons pour les finaliser. Donc pour le moment, le bureau du procureur de la CPI est en train de collecter toutes les données et nous espérons que le cas échéant, incessamment, des mandats d’arrêts contre des suspects pourraient intervenir” a précisé maitre Armel Niyongere du collectif.
La campagne va durer trois mois.
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