Dzaleka (Malawi) : une dizaine de réfugiés interpellés
Au moins dix réfugiés burundais et congolais du camp de réfugiés de Dzaleka au Malawi sont en détention. La police et l’administration les accusent de destruction de l’environnement. Les intéressés ne rejettent pas les accusations, mais ils demandent au HCR de leur trouver une solution. (SOS Médias Burundi)
Ils ont été interpellés au cours des deux dernières semaines, selon nos sources.
« La police fait des fouilles improvisées au camp de Dzaleka pendant la nuit pour chercher des réfugiés qui vendent du charbon. Plusieurs d’entre ont été interpellés, accusés de participer à la destruction de l’écosystème. Cette semaine, ils sont venus chez moi à deux reprises sans rien trouver de compromettant. Mais ils ont appréhendé un voisin et trois commerçants congolais pour avoir trouvé un ou deux sacs de charbon dans leur ménage », témoigne un réfugié burundais.
La zone la plus visée est celle de « New Katuza », située à la périphérie du camp, non loin d’une réserve naturelle constituée d’arbres forestiers. Plus de 50 sacs de charbon y ont été saisis, selon des témoins.
Indignation totale
Des réfugiés joints par SOS Médias Burundi indiquent que le commerce de charbon est interdit dans le camp « alors que c’est le seul moyen pour pouvoir cuire la nourriture ».
« Imaginez que le HCR ne nous donne pas de bois de chauffage. Et quand les gens de la communauté d’accueil font le commerce du charbon, nous devons nous en procurer pour préparer la nourriture. En effet, si on est attrapé dans la forêt à la recherche du bois de chauffage, on est sévèrement puni », réagissent des réfugiés.
Dans ce camp, certains occupants font aussi le commerce du charbon même s’il est interdit.
La police et l’administration du district de Dowa accusent les réfugiés de menacer et détruire l’environnement en abattant des arbres forestiers, ce que ne nient pas les incriminés qui indiquent n’avoir pas d’autre choix.
Ils exigent au HCR de leur fournir du bois de chauffage pour résoudre le conflit car disent-ils, « certains peuvent avoir de quoi manger mais manquer de combustibles, ce qui est dommage ».
Le camp de Dzaleka héberge actuellement plus de 50 mille réfugiés dont plus de 11 mille Burundais.
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Photo : le camp des réfugiés de Dzaleka
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