Burundi : la chambre basse a reconduit l’équipe de la CVR sans présence du CNL

Burundi : la chambre basse a reconduit l’équipe de la CVR sans présence du CNL

Ce vendredi dans la soirée, l’Assemblée nationale a adopté et reconduit l’équipe de la commission vérité et réconciliation (CVR). L’activité s’est déroulée en l’absence des députés du principal parti d’opposition CNL qui dénonce « un simulacre de vote ». (SOS medias Burundi)

Les commissaires de la plus controversée commission restent les mêmes à l’exception d’un membre de la minorité Batwa qui a remplacé un commissaire qui a récemment rejoint l’Assemblée législative de la communauté de l’Afrique de l’Est, EALA.

L’équipe est composée de 7 Hutus, 5 Tutsis en plus de ce Mutwa. Elle compte en son sein 2 pasteurs, un abbé et un représentant de la communauté musulmane.

Cinq de ses membres sont des femmes. Le vote a été fait en l’absence des députés du principal parti d’opposition CNL qui dénonce « un simulacre de vote ».

« Ce n’est pas pour la première fois, le bureau de l’Assemblée nationale semble plutôt se plier à la volonté du directoire du parti CNDD-FDD. On va à la permanence du CNDD-FDD pour revenir avec la liste définitive de ceux qui devront être élus ou tout au moins désignés si je peux le dire ainsi. Effectivement on vient avec une liste qu’il faut simplement bénir. Autrement dit, on fait un simulacre de vote mais le vote est déjà fait bien avant », a regretté Agathon Rwasa, le leader CNL dans une conférence de presse organisée à cet effet dans la ville commerciale Bujumbura ce vendredi après-midi.

Il trouve qu’il s’agit d’une attitude à bannir.

« On devrait décourager ces attitudes des responsables qui se dérobent de leur responsabilité et s’en remettent au parti oubliant que le parti est moins que la nation. Le président de l’Assemblée et son bureau sont là pour gérer cette institution, ils n’ont pas d’injonction à recevoir de quelque part ailleurs », a-t-il indiqué.

La CVR fait partie des instruments prévus par l’accord de paix et de réconciliation d’Arusha de 2000. Elle reste la plus décriée des commissions mises en place dans ce cadre. Elle est attaquée par les associations de défense des droits de Tutsis qui lui reprochent de ne se préoccuper que des massacres qui ont emporté plus de Hutus que de Tutsis.

Le 20 décembre 2021, le président de la très controversée commission a déclaré que les massacres de 1972 qui ont emporté plus de Hutus que de Tutsis constituent « un génocide contre les Hutus du Burundi».
C’était en marge d’une présentation d’un troisième rapport d’étape aux deux chambres du parlement dans la capitale économique Bujumbura. Mais le président Évariste Ndayishimiye a indiqué en mai dernier qu’il n’est pas encore temps de déclarer que  » les tueries de 1972 constituent un génocide ».

Selon la CVR, près de 20 mille restes d’ossements humains ont été exhumés, des milliers de documents relatifs à ces tueries étudiés, au cours des deux dernières années.

Le Burundi a la même composition ethnique que le Rwanda, son voisin du nord où le génocide contre les Tutsis en 1994 a été reconnu par l’ONU.

Au Burundi, malgré la reconnaissance des massacres de 1972 communément connus comme « les événements de 1972 » comme « un génocide contre les Hutus » par les Huts majoritaires au pouvoir aujourd’hui, les deux ethnies peinent encore à se mettre d’accord sur l’appellation des crises qui ont emporté les leurs.

Jusqu’à présent, les Tutsis restent convaincus que la tragédie qui s’est abattue sur les leurs à la suite de l’assassinat du premier président Hutu démocratiquement élu Melchior Ndadaye en 1993 est « un génocide contre les Tutsis »,ce qui préoccupe moins M. Ndayicariye et sa commission qui ont refusé dans certaines provinces d’aller visiter des sites où des fosses communes de Tutsis leur ont été signalées.

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Photo : certains de 13 commissaires de la CVR /Ubumwe-hebdo

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