Cibitoke : plus de 100 familles expropriées de leurs terres à Rugombo

Cibitoke : plus de 100 familles expropriées de leurs terres à Rugombo

Une centaine de ménages de la sous-colline de Mbaza-Miduha, de la colline de Rukana II dans la commune de Rugombo, de la province de Cibitoke (nord-ouest du Burundi) disent être expropriés de leurs terres. Ils pointent du doigt l’administration provinciale d’avoir promis ces terres aux hauts dignitaires affiliés au parti CNDD-FDD. Le gouverneur estime que ces terres appartiennent à l’État. (SOS Médias Burundi)

Au moins 110 ménages installés sur plus de 80 hectares viennent d’être chassés de leurs terres sur la sous colline de Mbaza-Miduha.

Selon des sources locales, des Imbonerakure (membres de la ligue des jeunes du parti présidentiel le CNDD-FDD) ont débarqué en nombre impressionnant depuis une semaine et ont sommé à l’ensemble des habitants de cette localité de vider les lieux sans aucune autre forme de procès.

« Ces jeunes du parti présidentiel nous ont dit que nous occupons les terrains appartenant à l’Etat et que nous n’avons aucun droit d’y résider », a expliqué un octogénaire rencontré sur place.

Selon des habitants, « il s’agit tout simplement d’une pure et simple expropriation pour non cause d’utilité publique. Ces terres récupérées par l’Etat sont réatribuées aux dignitaires civil et militaire du CNDD-FDD ».

Une source haut placée indique que plus de 100 hectares de la même localité avaient été données aux proches du CNDD-FDD au tout début de cette année.

Certains occupants de Mbaza-Miduha y sont établis depuis plus d’un siècle. D’autres ont accédé légalement à ces terres et possèdent même des titres fonciers. Les familles dépossédées quant à elles demandent aux autorités compétentes de « faire respecter nos droits sur les terres de nos ancêtres ».

Le gouverneur de Cibitoke confirme que les terres de Mbaza-Miduha relèvent du domaine public et que l’Etat est en passe de récupérer ses terres. Et à la question de savoir la raison pour laquelle ces terrains sont octroyés aux proches du parti présidentiel et à certains responsables du service public au détriment de leurs occupants, Carême Bizoza a préféré ne rien commenter.

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Photo : la province de Cibitoke

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