Nord-Kivu : le gouvernement congolais revoit à la hausse le bilan des massacres de Kishishe
Le bilan du massacre de Kishishe, un village situé dans le territoire de Rutshuru, au Nord-Kivu à l’est de la RDC, a été revu à la hausse. Après la decouverte des autres corps, il fait état de 272 morts dont 17 enfants. Le gouvernement congolais a annoncé lundi l’ouverture d’une enquête judiciaire et l’intention de saisir la CPI (Cour Pénale Internationale). Le M23 lui, parle de « diversion pour faire oublier les autres atrocités commises dans la région par les forces loyalistes et leurs alliés ». (SOS Médias Burundi)
Ce bilan reste toujours provisoire,selon des sources locales car d’autres personnes restent introuvables vu que certaines entités de la contrée sont toujours sous contrôle du M23,les autorités congolaises ne pouvant pas y accéder.
Les chiffres avancés ont été communiqués par l’ancien gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku, actuel ministre de l’Industrie. C’était au cours d’un briefing- presse hebdomadaire de ce lundi 05 décembre 2022 à Kinshasa, la capitale de la RDC.
Le ministre de la communication et des médias, en même temps porte -parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a annoncé « l’ouverture d’une enquête judiciaire internationale pour que les auteurs de ce massacre répondent de leurs actes devant la justice ».
Le porte- parole du gouvernement congolais a dit à la presse que « la ministre de la Justice séjourne à la Haye, aux Pays-Bas pour rencontrer le procureur général de la Cour Pénale Internationale (CPI), pour cette cause ».
« La ministre de la Justice séjourne aux Pays-Bas pour rencontrer le procureur de la CPI. Elle a donné une injonction au procureur général pour qu’un dossier soit ouvert. Donc, une enquête a été déjà ouverte », a t-il confié.
Et d’ajouter « la ministre de la Justice qui séjourne à la Haye, rencontrera le procureur parce qu’elle demandera aussi à ce niveau- là l’ouverture d’une enquête pour que toute la lumière puisse être faite sur ce sujet ».
La société civile locale et d’autres sources précisent que plus de 300 corps de civils tués ont déjà été découverts dans plusieurs endroits proches de Kishishe.
Le responsable du M23 a fustigé ces accusations parlant de « diversion pour faire oublier les autres atrocités commises dans la région par les forces loyalistes et leurs alliés ». Dès l’annonce de ces massacres la semaine dernière, les représentants du M23 ont réfuté les allégations les qualifiant de » mensonges visant à le discréditer auprès de la population « et appelé à « une enquête indépendante ».
Le mouvement du 23 mars est une ancienne rébellion Tutsi qui a repris les armes fin 2021, reprochant aux autorités congolaises de n’avoir pas respecté ses engagements sur la réinsertion de ses combattants. Les autorités congolaises ne cessent d’accuser le Rwanda de soutenir les rebelles. Le week-end dernier, le président Félix Tshisekedi a accusé directement son homologue rwandais Paul Kagame d’être » l’ennemi de la RDC ». Le gouvernement rwandais a toujours nié ces allégations.
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Même si le M23 reste le mouvement rebelle le plus représentatif, ayant récupéré plusieurs zones dans la province du Nord-Kivu dont Bunagana, la cité frontalière avec l’Ouganda depuis mi juin cette année, il n’a pas été convié au troisième round des pourparlers de Nairobi qui se sont clôturés ce lundi. Un de ses porte paroles, Canesius Karemera Munyarugero a récemment confié à SOS Médias Burundi que « les recommandations issues de ces pourparlers ne concernent que ceux qui y ont été invités ».
Mais, d’autres groupes armés qui ont participé à ces assises affirment qu’ils ne comptent pas non plus déposer les armes.
« Nous n’allons pas déposer les armes. Nous n’avons pas peur de la force régionale et nous ne sommes pas rassurés. Cela fait plus de vingt ans que l’on n’a pas de paix alors que la Monusco est là, les armées congolaise et ougandaise se sont alliées…nous allons déposer les armes quand tous ces groupes armés étrangers auront été chassés du Congo », a indiqué Aimable Nabulizi, porte-parole des Maï Maï Bilozebishambuke opérant dans le Sud-Kivu.
Le gouvernement congolais avait récemment mis en garde tous les groupes rebelles qui ne vont pas déposer les armes après les négociation de Nairobi qu' »ils s’exposent à la colère de la force régionale », ce qui n’effraie pas du tout les rebelles qui disent « combattre pour notre survie et celle de nos communautés ».
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Photo d’archives : des habitants de la province du Nord-Kivu fuyant les combats opposants l’armée régulière de la RDC et les rebelles du M23
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