Nduta-Nyarugusu (Tanzanie) : une remise et reprise entre humanitaires qui coûte cher aux bénéficiaires

Nduta-Nyarugusu (Tanzanie) : une remise et reprise entre humanitaires qui coûte cher aux bénéficiaires

Depuis plus d’une semaine , certaines ONGs humanitaires sortent des camps pour laisser place aux nouvelles qui doivent continuer la prise en charge des réfugiés. C’est notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation et du bien-être familial. Cette transition entraîne de mauvais services. (SOS Médias Burundi)

Des réfugiés affectés par la lenteur de la remise et reprise des ONGs parlent de « lourdeur » qui viole des droits élémentaires des réfugiés en Tanzanie.

« La distribution du bois de chauffage pour les personnes âgées a été reportée car les employés qui apprêtent et abattent des troncs d’arbre ont été suspendus, les classes ne sont pas encore ouvertes une semaine après la rentrée scolaire, les malades qui désirent aller se faire soigner à l’extérieur des camps n’y vont pas car la nouvelle ONG médicale ne s’est pas encore bien installée», ont affirmé des réfugiés burundais et congolais du camp de Nyarugusu.

Ce bouleversement des activités est causé par le fait que le HCR a changé ou permuté des humanitaires dans presque tous les domaines. Le souci étant d’améliorer la qualité de services rendus.

Les ONGs humanitaires qui ont déjà annoncé qu’elles comptent arrêter leur service sont entre autres Women’s Legal Aid Center (WILAC) qui s’occupe du volet juridique, PLAN International qui aide les enfants de moins de 18 ans, HelpAge International qui s’intéresse aux personnes âgées et handicapées et IRC qui traite les violences faites aux femmes.

Des services et aides qu’elles dispensaient vont être donnés par une autre ONG humanitaire dénommée Danish Refugee Council (DRC).

A Nyarugusu, ce lundi, il se remarquait une très longue file au bureau de protection du HCR.

« On a pu compter entre 450 et 500 personnes qui voulaient des services car les bureaux qui les recevaient d’habitude étaient fermés. La plupart d’entre elles veulent voir où on en est avec leur dossier de transfert vers un troisième pays d’accueil, un service qui connaît beaucoup de corruption », affirme un volontaire du HCR.

« Pour essayer de réserver une écoute à tout le monde, cette agence onusienne a donné des tickets de rendez-vous et vous imaginez que le dernier rendez-vous est fixé au mois d’avril, ce qui montre combien les demandeurs de service sont très nombreux », ajoute-t-il.

Les réfugiés estiment que la permutation ou le changement d’humanitaires ne devrait pas violer leurs droits élémentaires et demandent que les services de base soient privilégiés.

Cependant, des réfugiés redoutent d’autres lourdes conséquences.

« Comment est-ce des services accordés normalement par quatre ONGs vont être bien assurés par une seule ONG ? C’est normal que la qualité de service va en souffrir. Et plus encore, ce sont des ONGs -clés qui ferment la porte », se désolent des réfugiés burundais, craignant des pertes en vies humaines dans les mois prochains.

Cette suspension est d’autant plus mal interprétée.

« Nous sommes laissés à nous-mêmes. C’est aussi un message fort que la Tanzanie et le HCR nous envoient. Et donc, ils veulent que nous rentrions de gré ou de force. Et cela, après des visites des autorités burundaises ici », poursuivent des réfugiés, en colère.

A Nyarugusu, la Croix- Rouge va s’occuper du volet santé chez les réfugiés congolais alors que MTI (Medical Team International) prendra désormais en charge les réfugiés burundais.

La Tanzanie compte plus de 200.000 réfugiés dont plus de 145 mille Burundais.

____________________

Photo d’illustration : des écoliers réfugiés en Tanzanie

Previous Kayokwe : un ex-FAB à la retraite en détention
Next Bururi : plus de 90 cas de Covid-19 détectés dans des écoles à régime d'internat

You might also like

Réfugiés

Cankuzo : Un réfugié rwandais poignardé à mort près du camp de Kavumu, trois réfugiés congolais arrêtés

SOS Médias Burundi Un réfugié rwandais âgé de 23 ans a été mortellement poignardé dans la nuit du 11 juin, à proximité du camp de réfugiés de Kavumu, dans l’est

Réfugiés

RDC (Uvira) : deux réfugiés burundais arrêtés pour tentative d’assassinat

Deux réfugiés burundais du camp de transit de Kavimvira en ville d’Uvira dans la province du Sud-Kivu à l’est de la RDC, ont été arrêtés pour tentative d’assassinat. L’un est

Réfugiés

Mahama (Rwanda) : construction anarchique à haut risque au marché central

Les commerçants du marché central au camp de Mahama grognent. Ils dénoncent une mauvaise attribution d’espaces, ce qui bouche même des voies qui servent d’aération et d’intervention en cas d’incendie.