Nakivale (Ouganda) : une centaine de réfugiés burundais demandent d’être rapatriés


Ils ont dernièrement adressé une correspondance au chef de l’État burundais. Ces réfugiés disent solliciter son intervention pour qu’il facilite leur rapatriement surtout qu’ils affirment avoir pris connaissance de l’évolution positive de la sécurité dans leur pays natal. (SOS Médias Burundi)

Au moins cent réfugiés burundais vivant au camp de Nakivale en Ouganda ont écrit une lettre au président burundais Évariste Ndayishimiye. Ils lui demandent de les accueillir.

“Nous avons contacté nos frères et nos collègues pour s’enquérir de la situation. La réponse a été que la sécurité et la paix règnent chez-nous. Et donc, comme nous avions fui l’insécurité, vous comprenez que nous n’avons plus rien à faire ici au camp de Nakivale. Raison pour laquelle nous avons demandé au président burundais de bien vouloir nous accueillir”, a indiqué Charles Rivuzimana, un des six promoteurs de ce groupe de réfugiés qui souhaitent rentrer au Burundi

Une copie de la correspondance a été réservé à l’EAC( communauté est africaine). Elle a l’obligation de s’investir dans le projet de rapatriement de ces réfugiés burundais selon les signataires.

“C’est pourquoi nous avons donné la copie de notre lettre au président Paul Kagame, président en exercice de l’EAC, au secrétaire général de l’EAC et au président ougandais Yoweri Museveni l’ancien médiateur principal dans la crise burundaise. Nous n’avons pas à manger dans nos camps et nous voulons rentrer au Burundi. Là nous allons nous développer et développer notre pays. Qu’ils nous aident à accomplir ce souhait”, ajoutent-ils.

Toutefois, il y a d’autres réfugiés qui dénoncent le mouvement qualifiant ses membres de « collaborateurs » du gouvernement burundais.

“Nous n’avons pas été étonnés par ces gens qui veulent rentrer. Leur mission est peut être terminée. Ils étaient venus nous espionner et nous étions au courant. Donc, ils veulent aller recevoir la récompense. Nous avons assisté à des tueries ciblées et disparitions forcées dans ce camp. Sans doute que ces gens envoyés par Gitega sont derrière ces actes ignobles. Qu’ils partent et nous serons en paix ici. Pour nous, la cause de notre fuite est toujours là”, ont réagi, furieux, quelques réfugiés de Nakivale.

Un volontaire du HCR à Nakivale affirme que plusieurs numéros d’identification de ces Burundais qui veulent être rapatriés ne sont pas reconnus car étant de l’ancien système.

“Il y a eu une vérification en 2019 et tous les réfugiés sont identifiés à partir du nouveau système dénommé V4 or la plupart de ces gens ont des numéros du système V3 qui n’est plus utilisé”, a-t-il déclaré.

Pour les partisans du retour au Burundi, les raisons avancées par ce volontaire du HCR ne sont pas fondées.

“La vérification n’a pas été possible pour tout le monde. La plupart d’entre nous sont du nouveau système. Dire que nous sommes des militants du CNDD-FDD est très simple. Nous, nous voulons rentrer tout simplement”, expliquent-ils.

Un tel mouvement s’était manifesté au début du mois passé au camp de réfugiés burundais de Mahama, à l’est du Rwanda. Le 27 août dernier, environ 500 Burundais ont été rapatriés de ce camp. Ce jeudi, un second groupe de réfugiés burundais devrait reprendre le chemin retour, selon le HCR-Rwanda.

Le camp de Nakivale compte plus 35.000 réfugiés burundais.