Tanzanie: les réfugiés burundais rentrent en grand nombre


Le nombre de réfugiés burundais qui se font enregistrer pour retourner dans leur pays augmente du jour au jour. Depuis février dernier, plus de 14.000 burundais ont été rapatriés. Le camp de Mtendeli enregistre plus de Burundais qui manifestent la volonté de rentrer. Ces retours s’expliquent par l’accalmie observée après les élections de mai 2020 selon ces réfugiés. (SOS Médias Burundi)

Selon les données du HCR, en février 2020, la Tanzanie comptait plus de 168.000 réfugiés burundais. Au 31 octobre, l’agence onusienne en charge des réfugiés estimait que ce pays voisin du Burundi abritait plus de 154.000 dans trois camps: Mtendeli, Nyarugusu et Nduta.

Depuis juin dernier, le camp de Mtendeli a vu plus de Burundais qui rentrent chez-eux (plus de 3500), suivi de Nduta (plus de 2500) et Nyarugusu (plus de 1000).

Une source au sein de cette agence Onusienne en charge des réfugiés note une augmentation de plus de 30% sur les listes d’enregistrement depuis le mois de mai dernier. Les raisons de ce retour massif sont variées.

D’un coté, il y en a qui veulent répondre à l’appel du gouvernement burundais qui les sensibilise au retour volontaire.

“Le nouveau gouvernement nous a tranquillisés que rien ne va nous arriver si nous rentrons. Et d’ailleurs nous connaissons des gens qui sont déjà rentrés et qui vivent sans problème sur leur colline d’origine”, disent certains d’entre eux.

D’autres sont attirés par le paquet-retour.

“Une personne adulte qui rentre reçoit 280.000 francs burundais et un enfant reçoit la moitié de cette somme. Imaginez vous une famille dont la taille est de cinq ou six membres, c’est plus d’un million. Ce qui équivaut vraiment à un capital pour commencer un petit commerce et oublier la vie dure d’exil”, indique une autre partie de ces Burundais.

Ces derniers évoquent aussi une longue période de vie de calvaire dans les camps.

“C’est trop long et pénible pour un être humain de vivre dans de telles conditions. Nous n’avons pas le droit de circuler, nous sommes obligés de rester dans les camps. Nous ne pouvons même pas faire de business ou exercer d’autres activités génératrices de revenus. Nous sommes dans une prison à ciel ouvert, en fait. Comment voulez-vous qu’on ne rentre pas?”, s’interrogent-ils surtout ceux vivant dans les camps de Nduta et Mtendeli.

Des réfugiés parlent également de “disparitions forcées, harcèlements et emprisonnements arbitraires” dont ils sont victimes. Ils disent être fatigués par cette vie.

Cependant, il y a d’autres qui ne l’entendent pas de cette oreille.

“Même si je reste seul, moi et ma famille, je ne pourrai jamais rentrer sous les conditions actuelles.
Qu’ils rentrent et qu’ils nous laissent la paix. Je suis un réfugié politique et je suis recherché pour la simple raison que j’ai manifesté contre le troisième mandat en 2015. Cela m’a valu des mois de torture et de détention dans les bureaux du service national de renseignements. Mon coeur n’est pas encore tranquille”, souligne un Burundais vivant au camp de Mtendeli, rassurant qu’ils sont nombreux dans cette situation.

Ces derniers demandent au HCR de continuer à les prendre en charge et de les transférer vers un autre camp si leur camp vient à être fermé.

Le HCR en Tanzanie se dit prêt à aider ceux qui veulent rentrer et à protéger ceux qui n’ont pas encore senti cet engouement.

“Le Burundi vient de conclure un processus électoral. Suite à cela, nous nous attendons à ce qu’il y ait plusieurs appels au retour de réfugiés de la part de hauts officiels des gouvernements burundais et tanzanien. Le HCR continue de soutenir les retours à condition qu’ils restent volontaires et dignes, conformément à l’accord tripartite Tanzanie-Burundi-HC.Depuis 2017, le HCR a déjà aidé plus de 85.000 réfugiés qui ont choisi de rentrer volontairement ”, a dernièrement précisé Edward Ogolla, le chargé de la communication au HCR-Tanzanie.

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Photo: des réfugiés burundais de retour de la Tanzanie (Photo d’archives )