Le Burundi recule dans le classement de la liberté de la presse (classement RSF)
Reporters Sans Frontières vient de publier son classement annuel de la liberté de la presse dans le monde. Le Burundi a perdu une place par rapport à l’année passée et arrive en 160ème position. Il devient le plus mauvais élève de la sous-région (EAC). (SOS Médias Burundi)
Selon le classement de l’ONG, la situation reste préoccupante depuis la tentative de coup d’État de mai 2015.
« Cinq années de crise durant lesquelles le système burundais s’est enfoncé dans un système de prédation de la presse, ne laissant absolument aucune place à l’information critique et indépendante sous peine de pire représailles », analyse Arnaud Froger, le responsable du bureau Afrique de RSF joint par SOS Médias Burundi.
Autocensure
Selon RSF, l’autocensure est devenue la règle car la pression est trop forte et continue.
« L’information indépendante est en train de mourir au Burundi et ceux qui la défendent sont constamment menacés. C’est dramatique pour l’avenir du pays. il n’y a pas de développement harmonieux possible sans liberté de la presse. »
Arnaud Froger, responsable Afrique RSF
Radios suspendues, prison pour les journalistes
En 2019, les radios internationales VOA et BBC ont été suspendues sur le territoire burundais. En outre, des confrères d’Iwacu sont en prison pour avoir fait leur travail de reporter. Le président Nkurunziza a lui-même tenu des séances de moralisation avec interdiction pour la presse de prendre des notes et de faire des images. Sans parler du rôle des Imbonerakure agressant des journalistes.
Arnaud Froger, responsable Afrique RSF
« La situation risque de s’empirer pendant la période électorale. Le régime burundais a pris soin de totalement verrouiller le paysage médiatique et de bien faire comprendre que l’information critique ne serait pas tolérée. Le terrain y est en quelque sorte balisé. C’est mortifère pour une société ; tout ceci est à l’opposé des conditions idoines d’un scrutin juste, crédible et accepté par tous »
Le responsable de RSF demande à tous les acteurs de bonne volonté « de s’impliquer pour mettre une pression multiforme sur les autorités burundaises afin qu’elles respectent la liberté de la presse».
Et de préciser : « l’idée, ce n’est pas de dénoncer ou de stigmatiser qui que ce soit, c’est de convaincre que la liberté de la presse est un pilier essentiel au développement des sociétés. La paix et le développement sans information fiable, plurielle et indépendante c’est tout simplement impossible ».
Rappelons enfin dans ce sombre tableau l’absence d’une enquête sérieuse des autorités burundaises sur la disparition de Jean Bigirimana, reporter à Iwacu. C’était il y a quatre ans. Jean n’est jamais revenu.
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