Classement-RSF : le Burundi a gagné 13 places
Reporters Sans Frontières a sorti hier son classement mondial sur la liberté de la presse, édition 2021.
Il met le Burundi à la 147ème position sur 180 pays inspectés, une avancée de 13 places par rapport à 2020. L’Union Burundaise des Journalistes met en cause fortement ce progrès et parle plutôt de régression considérable. (SOS Médias Burundi)
L’organisation mondiale de défense des droits des journalistes et de la liberté de la presse basée à Paris donne une bonne note au Burundi sur la liberté de la presse. D’après son directeur Afrique, le nouveau régime a déjà manifesté une bonne volonté dans ce sens. “J’en veux pour preuve la libération et la grâce présidentielle accordée aux quatre journalistes du groupe de presse Iwacu qui étaient détenus arbitrairement depuis plus d’un an, le site de commentaires d’Iwacu débloqué, la radio Bonesha Fm a été ré-autorisée, les négociations exprimées de dialogue pour la réouverture des médias internationaux comme la BBC et la VOA sont en cours”, explique Arnaud Froger, directeur Afrique à RSF. “On espère que le président va continuer dans cette direction et permettre enfin aux journalistes d’effectuer librement leur travail”, ajoute-t-il.
L’UBJ très frustrée…
Pour l’Union Burundaise des Journalistes, il n’y a pas lieu de jubiler. “Il n’y a pratiquement aucun progrès ou encore moins une lueur d’espoir en matière de liberté de la presse sur le terrain”, a vigoureusement réagi Alexandre Niyungeko, président de l’UBJ. “Comment pouvez-vous parler de progrès sur la libération des journalistes d’Iwacu ou sur la réouverture des médias comme la radio Bonesha FM alors qu’ils avaient été injustement sanctionnés? Les autorités n’ont fait que les rétablir dans leurs droits, ce qui est normal”, s’indigne Niyungeko.
“Et puis, quel pas en avant quand il y a plus de 100 journalistes en exil qui sont pour le moment traqués et interdits de faire leur travail même dans leur pays d’asile? Et pire encore, nous avons sept journalistes condamnés à la réclusion à perpétuité pour n’avoir fait que leur travail, est-ce un progrès ça?” s’interroge le président de l’UBJ, aujourd’hui en exil.
RSF partage ces inquiétudes mais se dit rassuré. “Cela doit être une priorité du président, la question des médias suspendus ou sanctionnés, la question d’une centaine de journalistes exilés et les conditions de leur retour pour reprendre librement leur travail dans le pays qui les a forcés à l’exil, la réouverture d’autres médias fermés, la lutte contre la culture de violence comme l’exemple du journaliste Jean Bigirimana d’Iwacu dont on n’a plus de traces depuis plus de cinq ans. Ça va demander érnomement de volonté politique et nous à RSF on ne peut qu’encourager le président dans ce sens”, analyse M. Froger.
Mais pour l’UBJ, “ce tableau sombre explique que le Burundi a sensiblement régressé en matière de liberté de la presse et aurait plutôt chuté de place dans le classement mondial de RSF-2021,” dira Alexandre Niyungeko.
Un responsable au sein du ministère en charge des médias a favorablement accueilli le classement de RSF. “Cela reflète la réalité sur le terrain. Le gouvernement veut renormaliser les relations avec les médias et donner plus d’espoir aux journalistes. RSF a pris en compte ces avancées significatives,” a-t-il confié à nos collègues de la VOA (Kirundi/Kinyarwanda).
Sur les 180 pays que RSF examine, le Burundi occupait en 2020 la 160ème place. Il avait reculé d’une place par rapport à l’année précédente.
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Photo : les quatre journalistes d’Iwacu le soir de leur libération, le 24 décembre 2020
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