Goma : libération du journaliste Jimmy Shukrani Bakomera
Notre confrère a été libéré ce vendredi matin. Il était retenu dans un cachot de l’ANR (Agence national de renseignements) dans la ville de Goma (chef-lieu du Nord-Kivu) depuis ce jeudi dans la mi journée. Il était soupçonné de « collaborer le M23 », un groupe armé considéré par les autorités congolaises comme « un mouvement terroriste ». (SOS Médias Burundi)
Jimmy Shukrani Bakomera a dit à SOS Médias Burundi que « j’ai été libéré, je suis sain et sauf et on ne m’a pas malmené ».
Le journaliste correspondant de la VOA (Kirundi-Kinyarwanda) a été interrogé sur ses probables liens avec des membres et soutiens du M23.
« J’ai été interrogé sur le M23. On m’a présenté une liste de personnes-membres du M23 dont la majorité sont Congolaises. Je leur ai dit que je ne connaissais personne », a-t-il témoigné.
C’est le responsable local des renseignements dans le Masisi qui avait interpellé notre confrère dans la zone de Karuba. Il le soupçonnait de collaborer avec le M23 quand il l’a trouvé en train d’interviewer des membres des communautés rwandophones vivant en RDC. Il réalisait un reportage sur l’enrôlement des électeurs décrié par la société civile dans le Nord-Kivu en raison de l’insécurité qui prévaut dans l’est du Congo.
« Les personnes qui parlent le Kinyarwanda ont le droit de s’exprimer et ne doivent pas être toutes assimilées à des collaborateurs du M23 et ennemis du pays », estime le journaliste.
« Je remercie les médias, la société civile, les activistes et d’autres personnes qui se sont impliqués pour que je sois libéré », a confié Jimmy Shukrani Bakomera.
Depuis la résurgence du M23, les populations rwandophones vivant en RDC sont soupçonnées d’aider les rebelles et d’espionner pour le compte du Rwanda.
LlRE AUSSI :
L’ancienne rébellion Tutsi qui a repris les armes fin 2021 reprochant aux autorités congolaises de n’avoir pas respecté ses engagements sur la réinsertion de ses combattants , a récupéré plusieurs localités dans la province du Nord-Kivu dont Bunagana, la cité frontalière avec l’Ouganda, depuis mi juin 2022.
Les autorités congolaises restent persuadées qu’elle bénéficie du soutien du Rwanda, ce que le Rwanda nie toujours.
____________________
Photo : le journaliste Jimmy Shukrani Bakomera, correspondant de la VOA à Goma
You might also like
Bujumbura : le journaliste Willy Kwizera comparait devant le parquet, ses agresseurs toujours introuvables
SOS Médias Burundi Ce jeudi, le journaliste Willy Kwizera, correspondant de la Radio Bonesha FM, a comparu devant le parquet de Mukaza, en mairie de Bujumbura, dans le cadre de
Burundi : des organisations nationales et internationales exigent la libération de la journaliste Floriane Irangabiye
Amnesty International, CPJ et la Ligue Iteka demandent à la justice burundaise et au gouvernement de libérer la journaliste Floriane Irangabiye. Ces organisations estiment « qu’elle a assez souffert et qu’elle
Burundi : moins de 25% de journalistes ont eu la carte de presse
Ce vendredi, le CNC (Conseil national de la communication) a procédé au lancement de renouvellement de la carte de presse. Seulement, très peu de journalistes ont pu obtenir leur carte
