Makamba : grogne des propriétaires de taxis-motos contre la police

Makamba : grogne des propriétaires de taxis-motos contre la police

Des propriétaires des taxis-motos accusent les commissaires communaux de Vugizo et de Nyanza-Lac de la province de Makamba (sud du Burundi) de chercher des prétextes pour saisir leurs motos dans le but de se remplir les poches. (SOS Médias Burundi)

Des chauffeurs des taxis-motos œuvrant au marché de Rubanda en commune de Vugizo citent le cas le plus récent où le commissaire communal de police à Vugizo, connu sous le nom de Marino, a procédé à la saisie de plus de 60 motos le mardi 7 mars .

Ils déplorent non seulement la brutalité qui a caractérisé cette saisie mais aussi les montants exorbitants de corruption qu’il a exigés pour libérer chaque moto.

« Il est venu la nuit de lundi à mardi. Certains policiers étaient en tenue civile. Ceux qui étaient en tenue policière se sont planqués aux alentours du marché de Rubanda », ont remarqué des chauffeurs de taxis-motos qui étaient sur place.

La brutalité a caractérisé cette activité de saisie.

« Des policiers en tenue civile se sont éparpillés dans le parking et chacun à proximité d’une moto. Lorsque ceux en tenue ont surgi, ceux qui étaient en tenue civile ont renversé des motards et même des clients, emportant des motos. Certains ont été sérieusement tabassés », ont insisté des témoins de la scène.

Les propriétaires des angins déplorent aussi que les frais collectés sont tous rentrés dans la poche du commissaire communal de Vugizo.

« Les motos saisies tournent autour de 70. Chaque propriétaire de moto devait payer une somme comprise entre 50 et 100 mille francs burundais et cela sans quittance », ont déploré des propriétaires de taxis-moto.

Un administratif local trouve également anormal que des policiers soient impliqués dans la collecte illégale de pots-de-vin pour le compte d’un commissaire communal, au lieu d’infliger des amendes légales pour gonfler les caisses de l’État.

« La somme collectée est de loin supérieure à quatre millions de francs burundais », s’est emporté l’administratif.

La même source a précisé que toutes les motos saisies ont été acheminées dans une maison d’un nommé Habonimana avant d’être libérées moyennant paiement de l’argent, sans tenir compte des documents qui manquent pour chaque moto.

Le même incident s’est produit le samedi 11 mars sur la colline de Kazirabageni dans une localité communément appelée Gapipa non loin de la rivière Kazirabageni.

Selon des témoins, le commissaire communal de police à Nyanza-Lac, Jean Claude Nkunzimana et le chargé des renseignements dans cette commune ont même failli tuer quatre personnes dont un chauffeur de taxi-moto qui les conduisait.

Les témoins ont expliqué que le chef des renseignements et le commissaire de police étaient à bord du véhicule de la commune de Nyanza-Lac lorsqu’ils ont cogné cette moto pour forcer le conducteur à s’arrêter. Ceux qui étaient à bord de la moto sont alors tombés dans un caniveau.

Le conducteur de l’engin, nommé Nahayo, a été embarqué avec sa moto à bord de ce véhicule de la commune de Nyanza-Lac.

De même, des sources sur la colline de Buheka ont indiqué que les mêmes commissaire communal de police et chargé des renseignements se sont également rendus samedi sur cette colline vers 19 heures.

« Ils visaient le ménage d’un certain Tobias Mutokambari, militant du parti CNL qui vend du carburant », selon des témoins qui ont précisé que les deux responsables ont procédé à une fouille de la maison.

« Rien n’a été trouvé, mais le concerné a été embarqué à bord du même véhicule. Il a été relâché sur la sous-colline de Ruvyagira’’.

« Il aurait payé des pots de vin pour être libéré », soupçonnent les mêmes sources.

Des témoins disent que Mutokambari a toujours été victime des fouilles de la police.

Ils demandent aux autorités hiérarchiques de prendre des mesures contre ces commissaires. « Que des amendes soient collectées pour le compte de l’État, de façon professionnelle et dans le respect des contribuables, et non pour remplir leur propre poche ».

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Photo d’illustration : un chauffeur de taxi-moto dans une rue au chef-lieu de la province de Makamba

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