Burundi : L’ONU appelle à la libération de cinq activistes et une journaliste
L’ONU a qualifié de répression croissante des voix critiques au Burundi la récente arrestation de cinq défenseurs des droits humains et d’une journaliste. Lors d’un point de presse régulier à Genève (Suisse), la porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, Marta Hurtado, a appelé le Burundi à couper court à l’emprisonnement des activistes des droits humains. (SOS Médias Burundi)
Cinq militants ont été arrêtés par les services de renseignements le 14 février, alors que quatre d’entre eux s’apprêtaient à prendre un avion pour l’Ouganda depuis la capitale économique Bujumbura. Le 15 mars dernier, la Cour d’appel a pris la décision de les maintenir en détention préventive. C’est au moment où la sixième, la journaliste Floriane Irangabiye écope d’une peine de dix ans. Cette dernière a été arrêtée alors qu’elle rentrait du Rwanda voisin en août dernier.
« Les six activistes partagent un chef d’accusation : rébellion et atteinte à la sûreté de l’État. Pour les cinq premiers, il s’ajoute une atteinte au bon fonctionnement des finances publiques. Ces accusations ne semblent s’appuyer que sur leur relation avec l’ONG internationale Avocats Sans Frontières », a indiqué la porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, Marta Hurtado.
«Travailler avec une organisation non gouvernementale, même si elle n’est pas enregistrée au Burundi, n’est pas et ne devrait pas être interdit par la loi burundaise», a rappelé Mme Hurtado avant d’exiger leur libération inconditionnelle.
«Cette répression de la société civile intervient alors que nous assistons également à une atteinte à la liberté de la presse au Burundi», a-t-elle poursuivi, citant le cas de la journaliste burundaise Floriane Irangabiye.
Et de conclure :«la répression de la société civile, souvent fondée sur une législation incompatible avec les obligations de l’État en matière de droits humains, est une tendance constante au Burundi depuis la crise électorale de 2015, qui a contraint de nombreux défenseurs des droits humains et journalistes à l’exil».
Des organisations nationale et internationale de défense des droits humains ont également plaidé pour la libération de ces activistes et de la journaliste Irangabiye.
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Photo d’illustration : les cinq activistes des droits humains détenus par la justice burundaise
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