Bujumbura : le ministère en charge de la sécurité ouvre un atelier de l’Olucome mais ses agents suspendent l’activité

Bujumbura : le ministère en charge de la sécurité ouvre un atelier de l’Olucome mais ses agents suspendent l’activité

Le matin du jeudi 30 mars, l’Olucome (Observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques) avait organisé un atelier sur l’inflation, sous le haut patronage du ministère de l’intérieur, du développement communautaire et de la sécurité publique. Des policiers conduits par un colonel de police sont venus et ont suspendu les activités de l’événement auquel avaient été conviés différents intervenants des secteurs public et privé. Les activités qui allaient commencer vers 9h ont démarré 2 heures plus tard. (SOS Médias Burundi)

Des dizaines de personnes, envoyées par différentes institutions publiques, des ONGs, quelques représentants des médias et un expert économiste ne savent pas quoi faire. A l’entrée de la salle de rassemblement où devrait se tenir l’atelier à Kabondo (ouest de la ville de Bujumbura) se trouvent quelques policiers dont un colonel de police qui assure le commandement. Certains participants sont dans la salle, les autres dans la cour intérieur.
Tantôt des gens s’introduisent dans les enceintes du lieu, apparemment sans savoir où ils allaient, ni ce qu’ils sont venus faire. Une sentinelle essaie de faire sortir un homme en habits sales qui regarde ici et là. Une minute après, il revient.

«C’est un agent des services de renseignements. C’est comme ça qu’ils procèdent pour écouter ce que disent les gens », murmure un participant.

Après lui, un autre homme en tenue de ville entre et salue un participant avec courtoisie. Il lui est difficile de se présenter.

« Je viens d’ici…des institutions….du ministère…de l’administration… », hésite-t-il. On lui dit qu’il y a un envoyé du ministère de l’Intérieur en l’invitant à rejoindre les autres dans la pause-déjeuné.

Enfin, l’atelier a commencé au-delà de 11h. On venait d’avoir l’autorisation du ministère, comme l’a annoncé M. Rufyiri qui venait d’un entretien avec le ministre de tutelle.

Après l’atelier, Gabriel Rufyiri rencontrera les journalistes pour « tempérer ». Il remercie Martin Niteretse le super ministre ayant la société civile dans ses attributions.

Concernant l’incident, il dit qu’il y a « des gens mal intentionnés qui ne sont pas fiers des activités de l’Olucome et qui mentent aux autorités ».

Il y a une semaine, des policiers avaient aussi essayé de suspendre une autre activité de l’Olucome dans la capitale économique Bujumbura, à laquelle prenaient pourtant part un participant du ministère en charge des affaires intérieures et de la sécurité et de la mairie de Bujumbura.

« Vous allez entendre des gens comme Rufyiri me demander dans les médias de réduire le prix des denrées alimentaires alors qu’ils ne travaillent pas. Ils restent cloîtrés dans les bureaux à Bujumbura et ne veulent pas travailler. Quand on leur dit d’élever au moins cinq lapins et d’aller cultiver, ils n’écoutent pas. Veut-il que je lui donne le lait de mes vaches ou la production de mes pommes de terre gratuitement ? », a critiqué le président Neva, comme pour répondre au représentant de la plus connue association de lutte contre la corruption dans la petite nation de l’Afrique de l’est qui lui avait demandé quelques jours avant, de prendre des mesures interdisant le commerce chez les officiels.

Et d’enfoncer le clou, s’adressant à une assemblée de jeunes dans la capitale politique Gitega.
« Il passe tout son temps à écouter les commérages de vieilles gens. Ils ont des idées dépassées. Jeunes, nous devons ignorer ces gens. Ils sont dans un monde des années 90. Ils ont des idées pourries ».

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