Burundi : les bureaux de change dans le viseur des autorités
Le premier ministre burudais a menacé lundi d’envoyer en prison tous les cambistes qui ne respectent pas les taux fixés par le gouvernement. Gervais Ndirakobuca estime que si le domaine de change de monnaie n’est pas bien organisé, même le pays risque de disparaître. Plusieurs mesures contraignantes ont été prises à l’encontre des bureaux de change qui, selon les autorités burundaises sont gérées par des individus qui ne veulent pas apparaître officiellement. (SOS Médias Burundi)
M.Ndirakobuca a proféré les menaces lors d’une rencontre avec les cambistes et le patron de la banque centrale.
« Vous pouvez être directement dirigés à Musaga (prison centrale de Bujumbura) après avoir quitté ce palais », a-t-il intimidé.Selon Gervais Ndirakobuca « même le pays risque de disparaître si ce domaine n’est pas bien organisé ».
D’après le premier ministre burundais, les personnes qui représentent les bureaux de change ne sont pas les vrais gestionnaires.
« Nous savons très bien que vous n’êtes pas les vrais propriétaires de ces bureaux de change. Si vous enfreignez la loi et qu’il vous arrive quelque chose, même ces gens pour qui vous servez de couverture ne vont pas vous aider, ils vont vous oublier et n’aideront pas vos familles. Seul un enfant peut toucher le feu en sachant qu’il va se faire brûler », a ajouté le premier ministre burundais.

Les cambistes qui étaient présents dans la réunion n’ont pas voulu s’exprimer. Mais le porte-parole du bureau du premier ministre le lieutenant colonel de police Moïse Nkurunziza a révélé certaines de ses conclusions.
« Il a été remarqué que les bureaux de change ne font plus leur activité mais sont devenus des collecteurs de devises…tout bureau de change qui ne montrera pas son capital social de 500 millions de francs burundais dans trois jours sera fermé, chaque maison qui ne déposera pas une somme de 50 mille euros ou dollars à la BRB (Banque de la République du Burundi) dans une semaine se verra rayer de la liste des maisons de change, les autorisations des maisons qui font les transferts internationaux sont provisoirement suspendues… », a-t-il annoncé.
De nouveaux billets de dix mille et de cinq mille mis en circulation
La semaine passée, le Burundi a mis en circulation de nouveaux billets de dix mille et cinq mille francs burundais. Les détenteurs des anciens billets ont jusqu’au 17 juin pour s’en débarrasser.
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« Quand j’ai dit que j’allais transformer leurs billets en papiers, ils ne m’ont pas cru. Maintenant ils commencent à voir que c’est sérieux. Si demain tu vas déposer dix millions on va te demander l’origine de ce montant. Il y en a d’autres qui ont des sommes allant jusqu’à dix millions de dollars en cash. Celui qui les détient n’est ni moins ni plus un ennemi de la nation. La période qui vous est accordée est une période de grâce. Certains viendront solliciter ma clémence mais ce sera trop tard », a prévenu le président Neva en fin de semaine en marge d’une réunion avec des officiels qui ont été nommés par décret présidentiel.
Cambistes en détention
Au moins dix cambistes restent en détention dans les provinces de Rumonge et Makamba (sud-ouest du Burundi). Ils ont été arrêtés le 29 mai dernier, accusés de travailler dans la clandestinité notamment.
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Rumonge-Makamba : une dizaine de cambistes arrêtés
En février 2020, les autorités burundaises avaient fermé les bureaux de change afin de les imposer de limiter à 15% leur marge sur les opérations. Ils seront réouverts en octobre 2022.
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Photo d’archives : un policier se tient devant un bureau de change fermé dans la ville commerciale Bujumbura
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