Photo de la semaine : les femmes sommées de rester chez elles à partir de 18h à Kibago
Interdiction de circulation pour les femmes et les filles après 18h. Un ordre imposé par des Imbonerakure (membres de la ligue des jeunes du parti CNDD-FDD) dans plusieurs localités de la commune de Kibago, dans la province de Makamba (sud du Burundi). Celles qui bravent l’interdiction sont malmenées, battues et violentées par les membres de la ligue des jeunes du parti présidentiel. Ces Imbonerakure indiquent qu’ils exécutent une décision venant « d’en haut ». (SOS Médias Burundi)
Selon les femmes et les filles de la commune de Kibago qui se sont confiées à SOS Médias Burundi, une peur panique règne dans plusieurs ménages.
Elles disent être malmenées par des Imbonerakure de cette commune qui les privent de circulation à partir de 18h.
Sur la colline de Mbizi par exemple, une colline réputée pour sa protestation contre l’autre mandat controversé de feu Pierre Nkurunziza en 2015, les femmes disent subir beaucoup d’abus.
« Une femme n’est plus autorisée à se rendre à la boutique encore moins à étancher sa soif dans une buvette après 18h. Même les femmes qui disposent de boutiques ou de bistrots ne sont pas autorisées à continuer leur travail après cette heure. Celles qui s’y rendent sont violentées, battues puis conduites à une position de police locale », se sont indignées plusieurs femmes sur place.
Les Imbonerakure leur expliquent que l’ordre est venu d’en haut, sans plus de détails.
Arrivées à la position de police, les policiers sensibilisent les femmes à ne plus dépasser 18h comme cela a été ordonné par les Imbonerakure.
Les femmes déplorent ce qu’elles qualifient d’abus. Elles sont privées de leurs factions génératrices de revenus sans parler de la violation du droit de leur liberté.
Alors que la majorité de ménages croupit dans une extrême pauvreté, elles demandent aux autorités administratives, particulièrement à l’administratrice communale de Kibago Espérance Inarukundo et la gouverneure de Makamba, Françoise Ngozirazana de « rétablir la liberté des femmes ».
SOS Médias Burundi a essayé de contacter les responsables administratifs de cette commune et de la province, sans succès.
Dans le passé, différentes autorités dans plusieurs communes ont pris des mesures pareilles avant de revenir sur leur décision. Début avril dernier, c’est l’administrateur de la commune de Butihinda qui avait expulsé une jeune fille de cette commune frontalière avec la Tanzanie la soupçonnant de « coucher avec des hommes mariés », avant que la mesure ne soit annulée par le gouverneur de province.
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Notre photo : des femmes rurales au Burundi
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