Photo de la semaine : l’amitié recule d’une année entre le Burundi et le Rwanda

Photo de la semaine : l’amitié recule d’une année entre le Burundi et le Rwanda

Le Burundi a célébré le premier juillet le 60ème anniversaire de son indépendance. Contrairement à l’année dernière, le représentant du Rwanda n’a pas eu droit à la parole. (SOS Médias Burundi)

Les cérémonies marquant les 60 années d’indépendance de la petite nation de l’Afrique de l’est se sont déroulées dans toutes les provinces du Burundi. Le grand événement s’est passé dans la capitale économique Bujumbura. Le président Évariste Ndayishimiye, les hauts gradés de l’armée et de la police, les membres du gouvernement et des deux chambres du parlement, des hommes d’affaires, des responsables du parti présidentiel et d’autres partis politiques, des employés de sociétés privées et para- étatiques, des fonctionnaires de l’Etat, des étudiants, des élèves et écoliers, des citoyens Lambda et des groupes cultuels y ont pris part.

Ont également participé à l’événement des représentants des pays et organisations basés au Burundi. Il y a aussi des invités d’honneur, avec à leur tête le président de la République centrafricaine Faustin-Archange Touadéra. Ce dernier a eu droit à la parole tout comme les représentants de la Tanzanie et du roi des Belges.

Un autre invité très remarquable à la cérémonie est Vincent Biruta, ministre rwandais en charge des relations extérieures.

Contrairement à l’année dernière, l’émissaire rwandais n’a pas eu droit à la parole.

« Nous sommes les mêmes, le Burundi et le Rwanda. Nous avons enduré le même calvaire. Il est inutile que le Rwanda parle. Nous allons parler à sa place », a ironisé le président Neva quand le moment d’introduire M. Biruta est venu.

Mais l’année passée, le premier ministre rwandais Édouard Ngirente qui avait représenté le président Kagame dans les mêmes cérémonies a eu le droit de prendre la parole.

« Je voudrais réitérer l’engagement du Rwanda à travailler avec vous Mr le président pour renforcer notre partenariat stratégique. Je suis convaincu que nous sommes tous prêts à travailler pour la consolidation et la promotion des relations existantes d’amitié et de coopération au profit de nos deux peuples”, avait annoncé après avoir spécifié qu’il s’exprime au nom du président Paul Kagame.

Et de conclure, “Le moment est venu pour le Burundi et le Rwanda de s’appuyer sur les fondements solides de nos liens historique et culturel afin de parvenir à la prospérité et au développement durable”.

Depuis l’arrivée du président Ndayishimiye au pouvoir, les deux sœurs nations de la région des Grands-Lacs d’Afrique essayent de renormaliser leurs relations, qui se sont détériorées depuis 2015 à la suite d’un autre mandat controversé de feu président Pierre Nkurunziza.

Au printemps de cette année, un groupe de hauts gradés de l’armée et de la police a essayé de renverser l’ancien président Nkurunziza alors qu’il était en déplacement en Tanzanie.

Le coup d’État a raté. Une partie des putschistes a fui vers le Rwanda. Depuis, les frontières entre les deux pays sont fermées, le Rwanda ayant ouvert ses frontières avec son voisin du sud récemment. Mais les autorités burundaises rechignent de lui emboîter le pas. La réouverture des frontières sera conditionnée par la remise des putschistes au Burundi, selon le ministre burundais de la diplomatie.

Les autorités rwandaises de leur côté, reprochent au Burundi d’abriter ses opposants dont des génocidaires FDLR qui ont commis le génocide contre les Tutsis en 1994 et de permettre un passage de rebelles de groupes armés rwandais vers l’est de la RDC, d’où ils organisent des incursions sur le sol rwandais, tuant des populations civiles innocentes.

Elles disent aussi qu’elles ne peuvent pas se permettre de remettre à un autre pays « des réfugiés sous la protection du HCR », le Rwanda étant sollicité ces derniers jours pour accueillir des demandeurs d’asile asiatiques et africains surtout se trouvant dans des pays européens comme le Royaume-Uni et le Danemark ,en attendant qu’ils reçoivent le droit d’asile.

Le Burundi et le Rwanda, deux anciennes colonies belges ont obtenu l’indépendance le même jour. Mais au Rwanda, c’est plutôt la journée de la libération célébrée le 4 juillet qui est plus significative. Elle marque la fin du génocide de 1994 perpétré contre les Tutsis.

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Photo : le président Neva passe les troupes en revue dans la ville commerciale Bujumbura, le premier juillet 2022

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