Ngozi-Muyinga : pénurie de vivres dans les prisons
Les prisons centrales de Muyinga et de Ngozi (nord-est du Burundi) viennent de passer presque une semaine sans être rationnées. Les détenus lancent un cri d’alarme. (SOS Médias Burundi)
Depuis le début de la semaine dernière, la prison centrale de Muyinga (nord-est) se retrouve en manque total de vivres.
« Nous venons de passer six jours successifs sans farine de maïs ni haricots », a précisé un responsable des prisonniers.
Ce dernier signale que les détenus se trouvent dans une situation critique.
« Des maladies nous attaquent par manque de nourriture. Comme la malaria qui nous frappe. Heureusement que les médicaments sont gratuits. Mais en prendre sans nourriture nous tue davantage », regrettent des prisonniers.
Pendant la journée, les détenus s’étendent par terre suite à la famine, font savoir des sources au sein de cette maison de détention.
« Les infirmiers de la prison sont dépassés par le nombre élevé de malades. La plupart souffrent de la malaria et de la fièvre typhoïde. Nous sommes obligés d’amener certains à l’hôpital de Muyinga pour essayer de désengorger l’infirmerie de la prison », explique un infirmier.
Des sources pénitentiaires évoquent que certains prisonniers peuvent passer deux jours sans mettre quoi que ce soit sous la dent. « Ils quémandent de la nourriture auprès de ceux à qui les familles ont amené de quoi manger », explique-t-elles.
Dans la prison centrale de Ngozi (nord) , la situation est presque similaire. Les prisonniers viennent de passer cinq jours sans haricots.
Nos sources au sein de cet établissement pénitentiaire signalent que certains passent la journée sur les grillages de la porte pour demander quelque chose à toute personne qui passe tout près de la prison. Ils quémandent également auprès des personnes qui viennent rendre visite aux leurs. Pour manger de la pâte de farine, certains sont obligés d’utiliser l’eau salée en guise de sauce.
« Si je n’ai pas d’argent pour acheter des légumes je suis obligé d’accompagner la pâte avec de l’eau tiède et du sel », a indiqué un prisonnier.
Les 11 maisons d’arrêt de la petite nation de l’Afrique de l’est abritent plus de 13 mille personnes pour une capacité d’accueil de 494 détenus seulement.
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Photo d’illustration : à l’intérieur de la prison centrale de Ngozi
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