Kavimvira : arrestation et libération le même jour du recteur de l’université Eben Ezer cité dans le dernier rapport des experts de l’ONU
Dr Lazare Sebitereko, recteur de l’Université Eben Ezer de Minembwe dans la province du Sud-Kivu à l’est de la République démocratique du Congo a été arrêté dans l’après-midi de mardi 27 juin par le Service national des renseignements congolais. Selon des sources locales, il a été libéré quelques heures après son interpellation. C’est après la sortie d’un rapport des experts des Nations-Unies sur la RDC, un document qui le soupçonne de soutenir les rebelles du M23. Le concerné nie son soutien de près ou de loin des rebelles. (SOS Médias Burundi)
Ce sont les agents du Service national des renseignements congolais travaillant sur la frontière de Kavimvira (Burundi-RDC) qui ont arrêté le Dr Lazare Sebitereko.
Certains membres de sa famille confirment qu’il a été arrêté alors qu’il se rendait vraisemblablement au Burundi.
« Il est venu avec un avion de la Monusco de Minembwe et est arrivé à la frontière de Kavimvira, c’est là qu’il a été arrêté et détenu », précisent ses proches.
L’arrestation de M.Sebitereko a eu lieu quelques jours après que son nom a été cité dans le rapport des experts de l’ONU l’accusant de soutenir le M23. Le rapport indique qu’il aurait encouragé la communauté Banyamulenge de Nairobi (capitale du Kenya) à soutenir financièrement le M23 et des jeunes Banyamulenge à rejoindre le groupe armé Twirwaneho composé principalement des membres de la communauté Banyamulenge.
Le concerné a démenti le contenu de ce rapport, selon ses propres déclarations.
Il indique ne pas collaborer avec les groupes armés.
« Je voudrais informer I’opinion publique sur les allégations fausses et sans fondement contre ma personne. Je ne suis ni membre fondateur, ni membre ordinaire, ni membre d’honneur de Mahoro Peace Association. Mahoro est une association de la diaspora Banyamulenge aux États-Unis, ce que je ne suis pas. L’association a ses statuts, la liste des membres fondateurs et la liste de son comité exécutif qui peuvent être vérifiés », a-t-il expliqué.
Il indique avoir pris part au processus de paix de Nairobi sans pouvoir rencontrer les jeunes Banyamulenge réfugiés au Kenya.
« J’ai participé au processus de paix de Nairobi sur I’Est de la RDC en novembre 2022 parmi des centaines de Congolais afin de retrouver la paix. Nous avons été hébergés par la facilitation pendant une semaine et sommes rentrés chez nous après la consultation. Je n’ai pas rencontré des jeunes Banyamulenge à Nairobi pour les sensibiliser à rejoindre Twirwaneho, le groupe d’autodéfense, que j’ai encouragé à signer la déclaration finale de la consultation de Nairobi. Je n’ai jamais rencontré la communauté Banyamulenge de Nairobi dont la majorité sont des réfugiés, pour faire campagne de financer le M23, un mouvement dont je ne fais pas partie et avec lequel je n’ai aucun contact », a-t-il poursuivi.
Et de renchérir : « Il est évident que le groupe d’experts de l’ONU a été induit en erreur par des informateurs aux intentions malveillantes visant à ternir mon nom et à mettre ma vie en danger. En même temps, il est aberrant qu’aucun membre du groupe d’experts n’ait osé vérifier ces allégations sans aucune preuve matérielle contre ma personne avant de les publier. Au contraire, ce groupe d’experts de I’ONU a délibérément exploité ses fausses allégations avec des fins de nuire. Le partage des fausses informations est une arme qui tue ».
Selon d’autres informations dont disposent SOS Médias Burundi, le Dr Sebitereko a été libéré mardi soir après l’intervention de diverses personnalités.
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Photo : le Dr Lazare Sebitereko
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