Burundi : les autorités burundaises ont annulé une conférence internationale de femmes chrétiennes

Burundi : les autorités burundaises ont annulé une conférence internationale de femmes chrétiennes

Les autorités burundaises ont annoncé jeudi la suspension d’une conférence internationale de femmes chrétiennes. Elle avait été préparée par une organisation dirigée par une Apôtre d’origine rwandaise. Le ministe en charge des affaires intérieures et de la sécurité évoque « l’usage abusif ». (SOS Médias Burundi)

L’événement devrait accueillir plus de 4 mille participantes venues des différents continents, selon les organisateurs qui disent toujours espérer que les autorités permettent sa tenue. La conférence devrait se tenir dans le sud de la ville commerciale Bujumbura du 15 au 17 septembre 2023.

Dans une lettre d’annulation de l’organisation de cette conférence internationale que SOS Médias Burundi a vue, le ministre burundais en charge des affaires intérieures et de la sécurité Martin Niteretse, accuse les organisateurs d’en avoir profité pour « en faire usage abusif ».

« […], Nous venons d’apprendre que vous avez profité de cette autorisation pour en faire usage abusif, ce qui est contraire à ce que vous aviez mentionné dans votre correspondance », a chargé le ministre Niteretse.

Vrais mobiles

L’Apôtre Mignonne Kabera qui devrait enseigner durant les trois jours à Bujumbura est très aimée et suivie par les Burundais et Rwandais vivant dans leur pays et la diaspora des deux nations sœurs de la région des Grands-Lacs d’Afrique. Avant qu’elle n’arrive dans la capitale économique du Burundi ce jeudi, les organisateurs avaient demandé à toute personne souhaitant soutenir l’activité de donner de l’argent. Deux comptes avaient été ouverts pour ce fait : un compte en dollars et en francs burundais.

« Plusieurs personnes au Burundi , au Rwanda et dans la diaspora ont soutenu l’activité. Elles ont déposé des sommes importantes sur les deux comptes. C’est la seule raison qui a poussé les autorités burundaises à annuler cette activité », estime un fidèle d’une congrégation proche des organisateurs de l’événement. Il n’est pas encore clair si le ministère en charge des affaires intérieures et de la sécurité va jusqu’à « exiger le gel des fonds déjà déposés sur les deux comptes ».

« Nos autorités doivent avoir un problème. Comment peut-on annuler un tel événement dans un pays qui a besoin de devises et visiteurs alors qu’il devrait rassembler beaucoup de monde. En plus il s’agit là d’une visibilité pour le Burundi . Récemment, même la première dame du Rwanda a participé dans un conférence du genre à Kigali », a fait remarquer un observateur burundais se trouvant à l’extérieur du pays.

Plusieurs participantes burundaises ou étrangères basées en dehors de la petite nation de l’Afrique de l’est s’étaient déjà rendues à Bujumbura pour participer à « Connect Africa Conference 2023 ».

Celles qui se sont confiées à SOS Médias Burundi parlent de « confusion ».

En août dernier, au moins 5 mille participantes venues des quatre coins du monde s’étaient retrouvées dans la capitale rwandaise, Kigali pour prendre part à un événement du genre.

La première dame du Rwanda Jeannette Kagame était parmi les participantes dans cette conférence où plusieurs esprits ont été édifiés, des témoignages hors normes donnés, selon un représentant d’une des plus représentatives congrégations chrétiennes dans la région des Grands-Lacs d’Afrique.

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Photo d’illustration : Martin Niteretse, ministre en charge des affaires intérieures et de la sécurité

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