Burundi : le départ à la retraite de près de 3000 enseignants paralyse le secteur de l’éducation
Deux syndicats des enseignants, STEB et FNASEEB, déplorent qu’après le départ de près de 3000 enseignants à la retraite, le gouvernement n’a pas encore procédé à leur remplacement. Ce qui, selon les syndicalistes, ne manquera pas d’affecter le rendement des élèves pour cette année en cours.Ces syndicats fustigent l’absence de dialogue avec le gouvernement pour discuter de toutes les questions qui hantent ce secteur. C’est du moins ce qui a été dit à l’occasion de la Journée internationale de l’enseignant célébrée le 5 octobre. (SOS Médias Burundi)
À cette occasion, la Fédération nationale des syndicats du secteur de l’enseignement et de l’éducation du Burundi a déploré le manque d’enseignants suffisants dans les différentes écoles.
« Il s’observe un nombre élevé de vacataires qui, trop surchargés par les charges horaires, risquent de ne pas produire un travail de qualité. Les effectifs pléthoriques des élèves dans les classes dus surtout au redoublement ne permettent pas aux apprenants de suivre normalement les cours. Dans le passé, chaque école primaire était dotée d’enseignants suppléants qui intervenaient en cas d’empêchement de l’un ou l’autre enseignant titulaire. Mais aujourd’hui, ce n’est pas le cas. Les élèves sont laissés à eux-mêmes. Si l’absence se prolonge, les programmes risquent de ne pas être achevés », regrette Antoine Manuma, représentant de la FNASEEB.
De son côté, le Syndicat des travailleurs de l’enseignement du Burundi, STEB, trouve anormal que le ministère de l’Education oblige certains à dispenser des cours pour lesquels ils ne sont pas formés.
« Il y a une convention internationale qui dit que l’on doit enseigner la matière dans laquelle on a une formation initiale. Les formations continues qui sont même mal données des fois une ou deux semaines ne suffisent pas », déplore Rémy Nsengiyumva, président du STEB. Il estime que les conditions de travail démotivent des fois les enseignants et le rendement en est affecté.
Pour les deux syndicats, le renvoi en retraite de près de trois mille enseignants fragilise l’éducation burundaise. Ils recommandent un dialogue franc avec les responsables au haut niveau pour que toutes les décisions soient prises en concertation avec les concernés.
Ils estiment également que le Comité national du dialogue social devrait intervenir pour faire respecter les droits des enseignants.
Pour sa part, l’ONG locale Parole et action pour le réveil des consciences et le changement des mentalités (PARCEM) a sorti un communiqué à cette occasion. Son directeur national, Faustin Ndikumana, indique que c’est l’éducation qui transforme chaque citoyen en véritable acteur du développement. Il recommande au gouvernement de mettre l’éducation dans ses priorités nationales et urgentes et, par-là, revoir à la hausse le budget alloué à ce secteur.
« Un pays, une société qui ne sait pas donner de l’importance à l’enseignant, de l’école primaire à l’université est une société qui se meurt à petit feu », a conclu Faustin Ndikumana.
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Photo d’illustration : un enseignant dans une classe au Burundi, crédit Photo : Jean Pierre Aimé Harerimana
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