Burundi : les transporteurs craignent une nouvelle pénurie de carburant

Burundi : les transporteurs craignent une nouvelle pénurie de carburant

Plusieurs stations-service n’ont pas d’essence dans la capitale économique Bujumbura ou en disposent en très petites quantités. Elles sont prises d’assaut par des clients désespérés. Dans plusieurs provinces, nos reporters ont également remarqué un manque criant des produits pétroliers. Le ministre en charge de la gestion du carburant parle d’un petit problème et rassure qu’il est disponible en quantités suffisantes. (SOS Médias Burundi)

Ce mardi après-midi, plusieurs stations-service ne disposaient pas de carburant dans la ville commerciale Bujumbura. Les rares qui en avaient en très petites quantités étaient prises d’assaut par des clients désespérés, ont constaté des reporters-SOS Médias Burundi.

« Je viens de passer trois jours à ne chercher que du carburant. Je ne travaille plus. Je suis passé par beaucoup de stations vides. Et il y a plusieurs véhicules qui attendent d’être servis, en vain », se désole un jeune chauffeur de taxi dans la capitale économique Bujumbura. Il se demande comment l’on peut se développer quand l’on travaille dans une situation pareille.

Pour d’autres chauffeurs de bus desservant différentes provinces, c’est un casse-tête.

« Je viens de parcourir presque toute la ville, de Cotebu (un parking dans le nord de Bujumbura) à l’Avenue du Large (sud). Mais je ne trouve pas de carburant. La situation devient vraiment insupportable. Que le gouvernement disponilise le carburant comme il a revu son prix à la hausse », indique un chauffeur de bus rencontré sur une station-service dans le sud de Bujumbura.

Son collègue qui fait la liaison Bujumbura- Ngozi (nord) est très frustré.

« S’ils le veulent ,qu’ils haussent encore une fois le prix du carburant mais qu’on en trouve! Je suis venu de Ngozi dans l’espoir transporter d’autres clients et aller passer la nuit chez moi car ma famille habite Ngozi. Nous, les transporteurs on mange quand on a du carburant, nos clients par exemple les commerçants, ne peuvent pas vivre quand ils ne sont pas capables de se déplacer. Tout le monde sait que sans transport, la vie s’arrête », s’acharne-t-il.

Et d’énumérer : »je suis passé par Cotebu, l’Avenue Miroir et un ami m’a dit que nous nous sommes rendus à des points qui ne distribuent pas de carburant. Il m’a conseillé d’aller à Kinindo (sud) ».

« Mais là aussi, il y a plus de 100 véhicules qui attendent d’être servis. Je suis prêt à me rendre sur d’autres stations pourvu que j’aie du carburant qui me permet de rentrer sur Ngozi », ajoute-t-il , fâché.

Une station-service prise d’assaut par des clients désespérés dans la ville commerciale Bujumbura, le 24 octobre 2023

Dans beaucoup d’autres provinces, nos reporters ont également remarqué un manque criant des produits pétroliers.

Le prix d’une course sur moto, en bus ou encore en taxi commun a doublé, voire triplé, ont remarqué des reporters-SOS Médias Burundi.

Marché noir et spéculations

Pour pouvoir fonctionner, les conducteurs de taxis-moto ou les chauffeurs de bus et taxis-voirure font recours au marché noir. Mais les prix sont très élevés. Ce qui se répercute sur le tarif du ticket.

« J’ai acheté un litre d’essence à 11 mille francs burundais », a indiqué à SOS Médias Burundi un conducteur de taxi-moto en province de Cibitoke (nord-ouest) mardi en fin d’après-midi.

Officiellement, un litre d’essence coûte 4550 francs burundais.

« Le carburant est disponible. Nous sommes en train de livrer les produits pétroliers. Il y a eu un problème hier matin (lundi matin) au niveau de l’OBR (Office burundais des recettes), c’est ça qui a causé ce problème mais nous sommes vraiment en train de servir (les stations). L’essence y est en quantité très suffisante », a répondu le ministre en charge de l’énergie Ibrahim Uwizeye dans un message envoyé via la messagerie WhatsApp depuis Gitega (capitale politique) où il participe dans une retraite gouvernementale.

Crise répétitive

Depuis plus de 18 moins, les autorités burundaises peinent à trouver une solution durable à la crise-carburant. Les pays de la sous-région ont pu amortir le choc grâce à leurs stocks ou fonds-carburant.

Au Burundi, le ministre Uwizeye a dit aux membres du parlement que « le fonds-carburant est vide » et que « le pays n’a pas de moyens pour le renflouer ».

Depuis juillet dernier, le gouvernement a revu à la hausse le prix du carburant trois fois. La dernière hausse est intervenue le 9 octobre.

Récemment, le premier ministre Gervais Ndirakobuca a déclaré que « les prix du carburant seront fréquemment adaptés à ceux du marché international ».

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Photo : plusieurs véhicules attendent d’être servis sur une station-service à Bujumbura, le 24 octobre 2023

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