Bujumbura dans le noir : les coupures d’électricité étranglent une capitale déjà asphyxiée par la crise des carburants
SOS Médias Burundi
Bujumbura, 9 septembre 2026 — Les longues coupures d’électricité paralysent une partie des activités dans la capitale économique du Burundi. Bureaux, commerces, ateliers et services tournent au ralenti, alors que la pénurie de carburants prive de nombreux opérateurs d’une solution de secours. Dans cette petite nation de l’Afrique de l’Est, confrontée depuis près de six ans à une crise persistante des carburants, l’instabilité de l’électricité vient aggraver une situation économique déjà difficile.
Dans la capitale économique du Burundi, où se concentre l’essentiel de l’activité commerciale et des services du pays, les coupures d’électricité frappent de plein fouet entreprises, commerces et travailleurs.
Durant la journée, des bureaux se retrouvent régulièrement privés de courant. Les ordinateurs s’éteignent, les équipements deviennent inutilisables et certaines opérations doivent être suspendues. Des rendez-vous sont reportés et des clients contraints d’attendre le retour de l’électricité.
« Lorsque le courant est coupé, nous devons suspendre certaines opérations. Les clients attendent, mais nous ne pouvons pas toujours les servir », témoigne un responsable de service.
La situation touche également les établissements commerciaux. Dans certains cas, l’absence d’électricité rend les locaux difficiles à exploiter et pousse des clients à écourter leur passage.
Une crise qui se heurte à une autre
Face aux coupures, les groupes électrogènes constituent normalement une solution de secours. Mais au Burundi, cette alternative est elle-même fragilisée par la pénurie persistante de carburants.
Depuis près de six ans, la petite nation de l’Afrique de l’Est fait face à une crise des carburants qui affecte différents produits pétroliers. L’accès irrégulier à l’essence, au mazout et à d’autres carburants complique le fonctionnement des entreprises et augmente les coûts pour ceux qui disposent encore des moyens de faire tourner des générateurs.
La crise de l’électricité vient ainsi se superposer à celle des carburants : même lorsqu’une entreprise veut produire elle-même son courant, elle peut se retrouver sans carburant pour alimenter son groupe électrogène.
Pour de nombreux opérateurs économiques, cette double contrainte réduit considérablement les marges de manœuvre et transforme chaque coupure en risque de pertes supplémentaires.

Un immeuble à moitié éclairé dans le centre-ville de Bujumbura, le 8 août 2025. La capitale économique du Burundi subit un black-out total, aggravé par une pénurie chronique de carburant qui complique l’usage des groupes électrogènes. © SOS Médias Burundi
La Regideso invoque le manque d’eau
La Régie de production et de distribution d’eau et d’électricité (Regideso) attribue notamment les perturbations à la diminution des ressources en eau nécessaires à la production hydroélectrique.
Lors d’une conférence de presse tenue lundi 7 septembre, le directeur général de la Regideso, Jean Albert Manigomba, a indiqué que la situation pourrait s’améliorer avec le retour des pluies.
La faiblesse des précipitations et les fortes chaleurs ont réduit les volumes d’eau disponibles dans les barrages. La capacité de production électrique diminue alors que la demande reste élevée.
Cette situation exerce une pression supplémentaire sur le réseau et se traduit par des interruptions qui affectent directement les activités économiques.

Des pertes qui s’accumulent
Pour les entreprises, les conséquences ne se limitent pas à quelques heures sans lumière.
Chaque coupure peut entraîner des retards dans le traitement des dossiers, l’arrêt des machines, la suspension de certains services ou la perte de clients. Dans les ateliers et les petits commerces, les interruptions peuvent également réduire les revenus quotidiens.
Le recours aux groupes électrogènes, lorsqu’il reste possible, représente une charge supplémentaire. Le coût et la disponibilité des carburants rendent cette solution difficilement soutenable pour de nombreux opérateurs.
À Bujumbura, les entreprises doivent donc composer avec une équation de plus en plus difficile : moins d’électricité, des carburants difficiles à trouver et des coûts de fonctionnement qui augmentent.
Une capitale au bord de l’asphyxie économique
La situation met en évidence la vulnérabilité de l’économie de la capitale face aux difficultés d’approvisionnement énergétique.
Dans une ville qui concentre une grande partie des activités commerciales et des services du pays, l’électricité n’est pas seulement une question de confort. Elle conditionne le fonctionnement des bureaux, des commerces, des ateliers et de nombreux services.
Pour les opérateurs économiques, attendre le retour des pluies ne suffit donc pas à résoudre les difficultés immédiates.
Entre pénurie de carburants et coupures d’électricité, Bujumbura paie désormais le prix d’une crise énergétique qui s’installe dans la durée. Et pour une capitale économique appelée à faire tourner une grande partie du pays, chaque heure passée dans le noir se traduit par des activités suspendues, des revenus perdus et une économie qui tourne au ralenti.Cette version est plus forte parce qu’elle présente clairement les deux crises comme un cercle vicieux : les coupures obligent à recourir aux générateurs, mais la pénurie de carburants empêche justement de les utiliser.
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Photo : Une bougie éclaire une maison privée d’électricité dans la ville commerciale de Bujumbura, où les coupures de courant affectent le quotidien de nombreux habitants. © SOS Médias Burundi
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