Burundi : 21 militaires transférés vers une destination inconnue après avoir refusé de rejoindre le front en RDC

Burundi : 21 militaires transférés vers une destination inconnue après avoir refusé de rejoindre le front en RDC

SOS Médias Burundi

Rumonge, 22 octobre 2026 — Vingt et un militaires burundais détenus à la prison centrale de Murembwe, dans la commune portuaire de Rumonge, en province de Burunga, au sud-ouest du Burundi, ont été transférés ce jeudi vers une destination inconnue. Selon des sources militaires, ces hommes avaient refusé de rejoindre le front dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), où ils devaient être déployés.

Les 21 militaires sont poursuivis pour abandon de poste et désertion. Détenus à Murembwe depuis environ deux mois, ils avaient comparu devant l’auditorat militaire et attendaient une décision judiciaire concernant leur éventuelle remise en liberté provisoire ou leur maintien en détention.

Selon une source parmi les détenus, 21 des 22 militaires concernés ont été transférés jeudi. Leur destination et les motifs de ce transfert ne leur auraient pas été communiqués.

Un seul militaire de ce groupe est resté à la prison de Murembwe. Il serait poursuivi pour vol qualifié d’un matelas.

D’après des sources militaires, les 21 hommes avaient disparu au moment où ils devaient être envoyés au Sud-Kivu, dans l’est de la RDC. Ils auraient refusé de rejoindre le front, ce qui leur aurait valu des poursuites pour abandon de poste et désertion.

Leur transfert intervient dans un contexte de tensions persistantes sur le front de l’est de la RDC, où des éléments de la Force de défense nationale du Burundi (FDNB) combattent aux côtés des forces gouvernementales congolaises et de leurs alliés, notamment les milices Wazalendo soutenues par Kinshasa, contre les rebelles du Front pour la refondation de la nation (FRN).

Deux militaires burundais rapatriés de RDC débarquent à Rumonge, visiblement épuisés et vêtus d’uniformes usés après plusieurs jours sans ravitaillement, selon des témoins. © SOS Médias Burundi

Selon des sources locales, l’armée burundaise aurait subi de lourdes pertes ces dernières semaines, après plusieurs mois d’avancées dans les hauts plateaux du Sud-Kivu. Des militaires se plaindraient également des conditions difficiles sur le terrain et du manque d’équipements face à des rebelles décrits comme bien organisés et mieux équipés. Le groupe armé burundais Red-Tabara est également présent dans cette région.

Par ailleurs, des soldats burundais soupçonnés de collaborer avec le Rwanda ou avec les rebelles sont arrêtés de manière humiliante par des milices alliées aux forces gouvernementales congolaises. Deux officiers burundais restent notamment détenus, soupçonnés d’avoir transmis des renseignements. Le 29 septembre, le porte-parole de la FDNB, le général de brigade Gaspard Baratuza, avait reconnu leur détention lors d’une émission publique avec des journalistes.

Lire aussi : Fizi : deux officiers de la FDNB arrêtés après la frappe du M23 sur l’hôtel Mwalu, soupçonnés de fuite de renseignements.

La prison centrale de Murembwe héberge plus de 1 000 détenus. Parmi eux, 272 militaires ont été condamnés, depuis la fin de décembre 2024, à des peines allant de quatre ans de prison à la perpétuité pour avoir refusé de se rendre dans l’est de la RDC afin d’y combattre aux côtés des Forces armées de la RDC (FARDC) et des milices Wazalendo contre l’AFC/M23, une coalition politico-militaire qui a annoncé sa transformation en Front pour la refondation de la nation (FRN) le 12 octobre 2026.

Lire aussi : Rumonge : le deuxième degré de l’auditorat militaire a signifié de lourdes peines aux militaires qui ont refusé d’aller combattre aux côtés des FARDC contre le M23.

Entre août 2022 et décembre 2025, le Burundi a déployé plus de 29 000 militaires dans l’est de la RDC, aux côtés des FARDC, des Wazalendo soutenus par Kinshasa et d’autres forces. Kinshasa et Gitega accusent Kigali de soutenir des groupes rebelles dans la région, ce que le Rwanda dément. De son côté, le Rwanda accuse la RDC et le Burundi d’appuyer les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe armé hutu rwandais dont certains membres sont accusés d’avoir participé au génocide contre les Tutsi en 1994.

La destination des 21 militaires transférés jeudi et les raisons précises de leur déplacement restent inconnues. Il n’est pas établi si ce transfert est directement lié à leur refus présumé de rejoindre le front dans l’est de la RDC.

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Photo : Des militaires burundais lors d’une opération de sécurisation de hauts responsables congolais à Uvira, au Sud-Kivu. De nouveaux déploiements de soldats burundais ont été signalés ces dernières semaines dans les hauts plateaux de l’est de la RDC, alors que 21 militaires détenus à la prison de Murembwe, à Rumonge, ont été transférés vers une destination inconnue après avoir refusé, selon des sources militaires, de rejoindre le front. © SOS Médias Burundi

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