Burundi : un pays émergent en 2040 et développé en 2060, mythe ou réaliste ?

Burundi : un pays émergent en 2040 et développé en 2060, mythe ou réaliste ?

La société civile burundaise doit apporter sa pierre à l’édifice pour aider le pays à atteindre sa vision d’un Burundi émergent en 2040 et développé en 2060. C’est le point de vue du président de l’Observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques, OLUCOME. Et du côté de Parole et action pour le réveil des consciences et le changement des mentalités, PARCEM, cette vision du gouvernement ne sera pas possible sans une bonne gouvernance budgétaire. (SOS Médias Burundi)

L’OLUCOME s’engage à s’impliquer dans la politique du gouvernement de faire du Burundi un pays émergent en 2040, et développé en 2060.

« C’est une obligation constitutionnelle qui nous recommande de contribuer en vue d’avoir un pays développé. La société civile dans son ensemble, dans sa diversité, doit donner sa contribution, que ce soit au niveau de l’élaboration des documents stratégiques, de la mobilisation des fonds mais aussi dans le suivi-évaluation des projets », a dit Gabriel Rufyiri, président de l’OLUCOME, dans un atelier d’échange de ce mardi. Pour lui, chaque Burundais doit s’intéresser au développement du pays, d’où la société civile doit se montrer active pour soutenir le gouvernement.

Le président de PARCEM, lui, trouve qu’il y a des préalables pour que le gouvernement puisse atteindre cet objectif. Faustin Ndikumana indique que les endettements au Burundi sont élevés et les recettes multipliées, ce qui risque de bloquer certaines avancées dans les politiques du gouvernement burundais.

Il illustre cela par des exemples : «de 2013 à 2023, on voit des recettes fiscales qui ont été presque multipliés par 3.5%. On est parti de 500 milliards à plus de 1700 milliards de francs. Les bâtiments et les équipements dans les écoles laissent à désirer de même que l’insuffisance des enseignants. On déplore un départ massif des médecins, les arriérés des paiements des hôpitaux qui ne sont pas réglés, l’accès à la justice reste problématique, le gel des annales des fonctionnaires qui cause un arriéré des payements élevés actuellement avec un mauvais financement des retraités, la baisse de la production agricole, la mauvaise situation des infrastructures routières, etc.»

Les dépenses douteuses subsistent, selon lui. Il se base par exemple sur la subvention régulière d’environ 90 milliards de francs alloués aux coopératives, alors qu’il s’agit d’entreprises de production.

«Ce budget surpasse du simple au double un budget d’un ministère comme celui de la Justice qui est de 51 milliards par an », a constaté Faustin Ndikumana.

Il recommande au gouvernement de réviser le budget actuel après discussions profondes et impliquant le public mais plaide également pour le rétablissement du ministère de la planification pour l’élaboration des projets.

Dette

De son côté, l’expert en économie, Diomède Ninteretse, précise que la dette publique déjà contractée par le gouvernement burundais jusqu’en 2022 avoisinait 6.000 milliards de francs.

Mais il explique qu’une dette à part entière pour un pays ne constituerait pas un défi majeur si elle est bien orientée beaucoup plus dans le secteur de la production que dans la consommation.

«La dette publique n’est pas un problème en soi car le pays a le droit de contracter un crédit au niveau interne comme au niveau externe. Mais le problème est la destination de la dette. Si on analyse la prévision des recettes, il y a un besoin de financement de plus de 720.000 milliards de francs. Le gouvernement du Burundi, pour financer le déficit budgétaire, va nécessairement recourir au crédit ou, éventuellement, s’il y a une aide au développement, c’est là où il pourra probablement combler ce vide ou cet écart », a-t-il précisé.

Il ajoute que «les dépenses ont été augmentées de 68 % alors que la production a été augmentée de seulement 2%. Il est toujours recommandé que quand vous contractez un crédit, il faut toujours tenir compte de votre produit intérieur brut. Or, le PIB a chuté, il faut alors éviter des crédits surtout s’ils ne sont pas orientés vers les secteurs de production ».

Cet expert conseille aux autorités burundaises d’orienter le crédit dans les domaines qui peuvent générer un changement et le bien-être de la population. Il propose d’en contracter si possible pour exploiter les minerais, car là, c’est plus sûr que la production sera exportée et permettra de rapporter des devises et créer aussi de l’emploi. Ceci pourrait apporter une plus-value à l’économie du pays, comme l’a souligné cet expert.

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