Burundi : les plages aménagées menacées par la montée des eaux du lac Tanganyika
Les propriétaires des bars, restaurants et hôtels érigés sur les plages du lac Tanganyika lancent un cri d’alarme. Les eaux atteignent un niveau inquiétant. Elles commencent à déborder et à atteindre les sites de détente aménagés.Des clients ne viennent plus pour des raisons d’inconfort et d’insécurité. Un manque à gagner énorme pour ce commerce le long des plages. (SOS Médias Burundi)
Depuis le début du mois de janvier, il s’observe un phénomène inhabituel le long du lac Tanganyika.
L’eau monte jusque dans les espaces aménagés pour le loisir, ce qui inquiète les populations riveraines.
Les cabarets érigés sur les plages en souffrent énormément, surtout ceux qui se trouvent sur la Chaussée d’Uvira connue comme route Gatumba menant sur la frontière avec la RDC, d’après les témoignages des propriétaires.
« Tous nos espaces aménagés pour le loisir, les salles et les terrains de jeu pour enfants sont inondés. On ne parvient pas à repousser les quantités d eau qui nous envahissent », s’inquiète le gérant d’un bar habituellement prisé.
Un collègue à lui ajoute que, les week-ends, ils étaient débordés par un grand nombre de clients, ce qui n’est plus le cas.
« Les samedis et surtout les dimanches, toutes ces chaises étaient occupées et les autres clients se mettaient au comptoir. Vous comprenez que maintenant nous travaillons à perte car presque personne ne vient plus à la plage », insiste-il.

Les personnes habituées à fréquenter ces lieux de détente rechignent maintenant à y aller.
« Imaginez si on va là-bas et que tout change d’un coup. On pourrait y laisser notre vie aussi. Vaut mieux rester loin pour notre sécurité », révèle un habitant de la ville de Bujumbura interrogé à ce propos.
Les employés de ces établissements redoutent un chômage technique.
Ils disent que si la situation persiste, les plages vont fermer « et nous serons renvoyés ».
Leurs patrons se disent dépassés par les événements. Ils sont désemparés, leurs investissements s’écroulent à vue d’œil.
Du côté de la société civile, l’Observatoire de lutte contre la corruption et les malversations économiques, s’est égelement exprimé à cet effet.
L’OLUCOME estime que « le gouvernement devrait mettre en place une commission mixte d’experts pour se pencher sur la question et protéger la population riveraine du lac Tanganyika ».
Il y a près d’un mois, Bernard Sindayihebura, professeur d’université et expert en environnement, a prédit une montée phénoménale des eaux du lac vers mai prochain, comme celle observée en 1964. Les eaux avaient alors atteint les enceintes de la Radio Télévision Nationale du Burundi, c’est-à-dire à près de 150 mètres des rives.
______________________________________________
Photo : une plage envahie par les eaux sur le long du lac Tanganyika
You might also like
Mabayi (Cibitoke) : peur panique après des crépitements d’armes
Des tirs ont été entendus ce vendredi dans la réserve naturelle de la Kibira (commune de Mabayi, province de Cibitoke (Nord-Ouest Burundi). Des habitants des collines de Rutorero et Gafumbegeti
Rumonge : détention d’un motard soupçonné de collaborer avec des bandes armées
Epimack Gashaka est détenu dans le cachot du commissariat provincial de la police depuis plus de deux semaines. Il a été arrêté sur la colline de Murara en zone de
Ituri (RDC) : sept miliciens ADF tués
Ils ont été tués lors des affrontements entre leur groupe et des éléments de l’armée régulière congolaise ce dimanche. Les combats se sont déroulés à Bandimbese. C’est à 18 km
